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Reprise compliquée

Claire G

Colostrum
Bonjour,

Mon bébé a 7 mois aujourd'hui. Depuis sa naissance, j’ai le sentiment d’avoir tout géré d’une main de maître : un allaitement exigeant avec des réveils toutes les nuits, la diversification, l'organisation du quotidien, l’achat des vêtements et des jouets…Malgré la fatigue, j’ai réussi à faire du sport, a prendre soin de moi et même à réviser mon concours de novembre. J’étais hyper dynamique et motivée ! J’adore mon bébé, être maman, et mon congé maternité a été une période formidable.

Mais depuis la reprise du travail, je perds complètement pied. Je suis épuisée et j'ai perdu toute motivation. Pour réussir à tenir le coup face à la pression, je suis tombée dans l'engrenage d'une consommation quotidienne de Ritaline et d'alcool.

Depuis un mois, j'ai une envie irrépressible de faire n'importe quoi et de fuir. Je sens que je ne suis plus très fiable : je pars en soirée en prévenant mon compagnon à la dernière minute, je mange n'importe comment, et je me traîne au boulot. Évidemment, je n’ai jamais mis mon bébé en danger et j’adore toujours autant m’occuper de lui, mais je culpabilise énormément d'avoir ce besoin viscéral de m'échapper...


D’autres mamans ont déjà vécu ce genre de situation ou ce besoin de fuite ?
 

Hortense

Période de pointe
@Eve et Léon avant toute chose : est-ce que tu peux prendre rendez-vous dès que possible avec le professionnel de santé avec qui tu te sens le mieux ? Ta sage-femme ? Ton généraliste ?

Il ne m'est pas arrivé ça, mais on dirait que l'élément déclencheur, c'est de retourner au travail.
Est-ce que tu avais un terrain avant ?
Est-ce que ce travail est un milieu avec des mauvaises influences ?
Est-ce que tu vis bien de confier bébé la journée ?
(Est-ce que tu l'allaites ? Car je ne suis pas sûre de la compatibilité avec alcool et médicaments)

Ca me fait un peu penser à des phobies d'impulsion. Ton bébé et ton conjoint méritent que tu sois en forme, entoure-toi d'un professionnel rapidement !
 

Claire G

Colostrum
Merci Hortense pour ton message et pour ton inquiétude bienveillante.

Je veux te rassurer tout de suite : bébé est en totale sécurité. Je n'ai pas du tout de phobies d'impulsion ni de pensées sombres envers lui, au contraire ! Je l'aime plus que tout.

Mon travail est d'ailleurs très cool, le problème ne vient pas de là. Ça ne fait qu'un mois que je vis ça, et c'est surtout ce sentiment capricieux de vouloir faire "n'importe quoi" et cette envie irrépressible de fuir qui m’embêtent

J'ai d'ailleurs commencé un traitement antidépresseur (paroxétine) il y a une semaine et demie parce que je sentais justement pointer ce glissement dépressif. Mais le temps que la molécule fasse effet, je me tape d'intenses effets secondaires qui me mettent totalement KO...

Pour l'instant, je t'avoue que je n'ai vraiment pas le courage de me rajouter la charge mentale d'un suivi psy en plus. Concernant la santé et l'allaitement, je suis consciente des incohérences actuelles, et c'est pour ça que j'ai pris le traitement avec mon médecin. J'espère juste que le cap des effets secondaires va vite passer pour retrouver un équilibre.

Merci encore d'avoir pris le temps de me répondre !
 

LaMangue

Hyperlactation
Coucou @Claire G ,

Je pense que tu as besoin d'une aide extérieure. C'est dommage que tu vois le suivi psy comme une charge mentale parce que j'ai du mal à imaginer que tu puisses t'en passer. J'imagine forcément la dépression post-partum en lisant ton témoignage mais je n'y ai pas été confrontée et je ne sais pas dans quelle mesure c'en est une, si ça peut se déclencher tardivement.

Ce qui est sûr, comme le dit Hortense, c'est que ton bébé et son papa ont besoin de toi. A long terme c'est compliqué d'imaginer que ce genre de situation puisse trouver une solution d'elle-même.
 

kimi@2025

Montée de lait
J'ai l'impression que tu as beaucoup pris sur toi jusque-là, et qu'aujourd'hui tu arrives à une vraie limite. Le besoin de "fuir" ne me choque pas autant que le fait que tu aies l'air aussi épuisée. Franchement, je pense que ça vaut le coup d'en parler rapidement avec ton médecin.
 

Hortense

Période de pointe
@Claire G ne t'en fais pas, je n'ai aucun soupçon sur le fait que tu fasses mal avec ton bébé. Mais de ce que j'en ai lu, la phobie d'impulsion est aussi parfois la maman avec elle-même

C'est un bouleversement physique et hormonal de devenir mère. C'est plus flagrant quand la maman a eu beaucoup de complications ou pris beaucoup de poids, mais même quand ça se passe bien, on en demande beaucoup au corps.

Je raisonne en me disant que si j'avais une jambe cassée, j'irai chez le médecin plutôt que de continuer à avoir mal au quotidien. Quand j'ai eu des douleurs dorsales en fin de grossesse, j'ai été voir mon généraliste qui a pu m'orienter vers une kiné. Ça n'était pas miraculeux, mais je préférais tenter que de rester à attendre en souffrant. Pareil quand je chopais tous les microbes du coin au premier trimestre : on ne pouvait rien faire mais j'avais au moins essayé et je le vivais mieux.

Ce bébé que tu aimes très fort, quelle maman tu as envie de lui offrir ? Qu'est-ce qui peut te donner un coup de pouce pour être cette meilleure version de toi-même ? Si c'est d'aller temporairement voir un psychologue, c'est l'occasion ! Parfois ça ne dure pas longtemps et le simple fait de vider son sac soulage. Quand j'ai besoin d'arracher une souche d'arbre dans mon jardin, c'est plus efficace et mieux fait si je demande au paysagiste qui a les outils et la technique.

Si tu connais ton généraliste depuis un moment ou ta sage-femme, commence par eux. Ils verront que c'est une maman lucide et attentive à son bébé qui demande de l'aide, et ils pourront t'orienter vers quelqu'un, ou te dire dans combien de temps vous refaites le point ensemble s'ils pensent que le traitement va aider rapidement, etc. Vraiment, prends soin de toi ! :calincoeur:
 

MoiLi

Lactarium
@Claire G ne t'en fais pas, je n'ai aucun soupçon sur le fait que tu fasses mal avec ton bébé. Mais de ce que j'en ai lu, la phobie d'impulsion est aussi parfois la maman avec elle-même

C'est un bouleversement physique et hormonal de devenir mère. C'est plus flagrant quand la maman a eu beaucoup de complications ou pris beaucoup de poids, mais même quand ça se passe bien, on en demande beaucoup au corps.

Je raisonne en me disant que si j'avais une jambe cassée, j'irai chez le médecin plutôt que de continuer à avoir mal au quotidien. Quand j'ai eu des douleurs dorsales en fin de grossesse, j'ai été voir mon généraliste qui a pu m'orienter vers une kiné. Ça n'était pas miraculeux, mais je préférais tenter que de rester à attendre en souffrant. Pareil quand je chopais tous les microbes du coin au premier trimestre : on ne pouvait rien faire mais j'avais au moins essayé et je le vivais mieux.

Ce bébé que tu aimes très fort, quelle maman tu as envie de lui offrir ? Qu'est-ce qui peut te donner un coup de pouce pour être cette meilleure version de toi-même ? Si c'est d'aller temporairement voir un psychologue, c'est l'occasion ! Parfois ça ne dure pas longtemps et le simple fait de vider son sac soulage. Quand j'ai besoin d'arracher une souche d'arbre dans mon jardin, c'est plus efficace et mieux fait si je demande au paysagiste qui a les outils et la technique.

Si tu connais ton généraliste depuis un moment ou ta sage-femme, commence par eux. Ils verront que c'est une maman lucide et attentive à son bébé qui demande de l'aide, et ils pourront t'orienter vers quelqu'un, ou te dire dans combien de temps vous refaites le point ensemble s'ils pensent que le traitement va aider rapidement, etc. Vraiment, prends soin de toi ! :calincoeur:
La phobie d'impulsion c'est d'avoir peur de faire du mal aux autres ou à soi même, ça s'apparente aux tocs. Ici ça ne semble pas être le cas, il y a de la culpabilité d'avoir besoin de souffler mais pas d'obsession mentale de phobie de faire du mal.

@Claire G tu dis prendre de la ritaline, tu es diagnostiquée tdah? Car c'est un traitement très encadré niveau délivrance donc ton message peut faire penser à ça.

Je pense aussi qu'un suivi psy est indispensable, les antidépresseurs sont un pansement sur une jambe de bois. Il y a bien quelque chose qui a fait "décompenser" cette situation sereine à la reprise du travail. De plus sans suivi psy la consommation d'alcool risque d'augmenter et ensuite être très compliqué pour s'en sortir.

Tu as l'air d'arriver à saturation et certaines choses doivent ressortir, tu n'as pas un co parent qui pourrait te soulager? C'est normal de vouloir avoir du temps pour soi et ne pas culpabiliser, tu as l'air de vouloir (devoir?) te mettre la barre très haute. Je sais ce que c'est je m'oublie bcp pour mes enfants. En revanche je n ai pas repris le travail et tant mieux, mais ça y en a d autres qui en ont besoin pour leur équilibre.

Il y a des psys qui suivent en visio. Tu as aussi des assos, des numéros d'écoute qui pourraient t'aider.

Je ne sais pas si c'est ton cas mais si tu as un tdah la saturation mentale peut arriver bien plus vite, des compensations épuisantes se font au quotidien.le risque de dépression et addictions est plus grand que des personnes lambdas quand n'est pas pris en charge.
 
Dernière édition:

nouillapwat

Voie lactée
Bonjour,

Mon bébé a 7 mois aujourd'hui. Depuis sa naissance, j’ai le sentiment d’avoir tout géré d’une main de maître : un allaitement exigeant avec des réveils toutes les nuits, la diversification, l'organisation du quotidien, l’achat des vêtements et des jouets…Malgré la fatigue, j’ai réussi à faire du sport, a prendre soin de moi et même à réviser mon concours de novembre. J’étais hyper dynamique et motivée ! J’adore mon bébé, être maman, et mon congé maternité a été une période formidable.

Mais depuis la reprise du travail, je perds complètement pied. Je suis épuisée et j'ai perdu toute motivation. Pour réussir à tenir le coup face à la pression, je suis tombée dans l'engrenage d'une consommation quotidienne de Ritaline et d'alcool.

Depuis un mois, j'ai une envie irrépressible de faire n'importe quoi et de fuir. Je sens que je ne suis plus très fiable : je pars en soirée en prévenant mon compagnon à la dernière minute, je mange n'importe comment, et je me traîne au boulot. Évidemment, je n’ai jamais mis mon bébé en danger et j’adore toujours autant m’occuper de lui, mais je culpabilise énormément d'avoir ce besoin viscéral de m'échapper...


D’autres mamans ont déjà vécu ce genre de situation ou ce besoin de fuite ?
Coucou !

Si j'ai bien compris tu demandes si c'est normal d'avoir ce besoin de fuite. J'aurais tendance à te dire oui. Avoir un enfant c'est une responsabilité infinie et parfois lourde. La première fois où ma fille a été gardée (2h même pas) on est parti en courant dans l'escalier avec mon conjoint et moi je voulais vraiment couper sans nouvelles (je savais qu'elle était entre de bonnes mains ). J'ai eu l'impression d'être une ado qui faisait une connerie :lol:. C'était grisant et étrange à la fois.

Après tu as aussi l'air de t'inquiéter de la forme que ça prend chez toi. Bien sûr que tu ne mets pas en danger ou à risque ton bébé et tes questionnements le prouvent. Mais peut-être que toi même tu te mets dans des situations un peu à risque. Tu décris quelque chose comme de l'épuisement et un besoin de passer par des médicaments pour "tenir". Tu as aussi le droit de ne pas tout gérer d'une main de maître. C'est OK que ce soit difficile à un moment donné.

Personne ne peut savoir ce qui s'est passé pour toi avec cette reprise du travail et il n'y a que toi qui pourra le savoir. C'est sûrement une petite chose qui est en train de devenir une montagne. Je rejoins les autres commentaires sur le suivi psy. Tu as aussi le droit à ce que quelqu'un d'extérieur prenne soin de toi et se soucie de comment tu vis les choses. C'est important que ce temps pour toi puisse exister, tu as le droit de faire autre chose que métro boulot bébé médocs. Le psy permet souvent de verbaliser juste un nœud qu'on ne pensait pas avoir. Une fois rendu visible, il est beaucoup plus facile à traiter puisque connu. Il suffit parfois de quelques séances.

Concernant les antidépresseurs, c'est long l'adaptation aux molécules et parfois les effets secondaires sont plus lourds que les symptômes à traiter. Une fois que les effets se stabilisent c'est plus facile. Je suis pas convaincue par le mélange Ritaline + antidépresseurs + alcool. Là encore chacune a son corps et ses capacités de résistances aux effets etc.., peut-être qu'un médecin spécialiste (psychiatre) pourra t'aider à trouver la bonne dose dans ces traitements. Les généralistes ont l'ordonnance facile mais une piètre maîtrise des effets et surtout des effets des médicaments entre eux. Aussi, pour l'épuisement, est-ce qu'un arrêt de travail serait envisageable aussi via ton médecin justement ?

Ton travail a l'air important pour toi mais là peut-être que mettre en pause et t'accorder le temps nécessaire pour comprendre ce qui t'arrives prime sur la performance au travail. Je suis sûre qu'ils sauront faire sans ta présence pendant quelques jours ou semaines de plus.

Je t'envoie énormément de soutien et de courage aussi, c'est une situation pas facile que tu vis. J'ai déjà expérimenté des moments comme ça dans ma vie, épuisement, prise de médicaments etc. Il n'y a pas grand chose à faire d'autre que d'accepter de s'arrêter, de marquer une pause et d'essayer de comprendre ce qui se passe / s'est passé. Tu as l'air tout à fait lucide sur toi même et ta vie de famille. Ton désir de protéger et d'être aimante envers ta famille n'est absolument pas en question, je pense que prendre le temps de découvrir ce qui t'a mis dans cet état d'épuisement te fera le plus grand bien. Et si j'en crois mon expérience, il n'y aura pas du tout de quoi culpabiliser, au contraire ça va te conforter dans ton rôle de super maman.

N'hésites pas à nous donner des nouvelles ici !
 
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