Je peux te répondre sur ce que je connais des hôpitaux publics.
Il y a une direction qualité, qui fait le lien entre les usagers et les soignants. Si une plainte est remontée, les soignants seront avisés, et s'il s'avère que la situation est sérieuse, il y aura une réunion multidisciplinaire pour poser les choses et définir des pistes d'amélioration. C'est un point d'attention particulier de la HAS pour la certification des hôpitaux, qui a lieu tous les 5 ans.
il me semble que les établissements sont tenus de communiquer leurs taux d'episio et césariennes (sachant que dans les mater de niveau 2, 3, il y en a nécessairement davantage)?
Je n'avais pas d'attente particulière sur mon accouchement, à part que mon bébé et moi y survivions à peu près entiers. C'est rude mais une collègue obstétricienne et une de mes patientes ont perdu leurs bébés récemment, et des le début de mes études j'ai été confrontee à ce genre de situation, ça arrive, et ça m'a énormément marquée. Ça, et le fait que travaillant à l'hôpital public, je n'envisageais pas d'aller ailleurs, par loyauté aussi. A part à Brest où il y avait une clinique, je n'aurais de toute façon pas eu Le choix, dans les villes moyennes il n'y a pas deux maternités. Donc effectivement je suis allée accoucher à pied en face de chez moi. Et dans les aleas, je sais que je peux tomber sur des personnes plus ou moins sympa ou bien luneees, peut être stressées, peut être à bout parce qu'elles sont en plein divorce ou que le petit dernier a eu la gastro cette nuit, il y avait des gens plus ouverts et d'autres plus bourrus mais tout le monde s'est comporte avec courtoisie et professionnalisme. Après j'y suis vraiment allée les mains dans les poches et plutôt détendue parce qu'à chaque fois j'ai accouché dans des hôpitaux où j'avais travaillé voire habité, que je connaissais les coulisses et que toutes les odeurs, les bruits des scopes étaient familiers.
Ça me fait penser à une anecdote racontée à une patiente par l'obstetricien qui m'a suivie pour les filles, un sexagénaire qui en paraissait 10 de plus. Il était très old school et les choses ont bouge trop vite pour lui, il a confié à la parturiente et son mari qu'il était temps qu'il parte en retraite, car il n'arrivait plus à communiquer avec ses patientes. Quand il a commencé à travailler, et qu'on l'appelait sur une naissance instrumentee, que maman et bébé étaient saufs, tout le monde était content et le gyneco satisfait d'avoir bien fait le job. Maintenant, quand il range ses spatules et donne le nouveau né à sa mère, elle s'effondre en pleurs, et confesse se sentir extrêmement déçue. Le gyneco a toujours l'impression d'avoir bien travaillé, mais personne ne lui en est reconnaissant cette fois et on aurait préféré ne pas le voir du tout. Lui, qui fait ça depuis 40 ans, il ne pige pas, et il est totalement incapable de trouver les bonnes paroles.
Il y a un vrai challenge à concilier des attentes sociétales qui veulent s'éloigner de la technique et des odeurs de désinfectant, et la réalité de l'obstetrique qui est une discipline assez exigeante où les choses peuvent mal tourner en quelques minutes, et où la prise de décision doit être très rapide. Il y a plein d'exemples intéressants, la mise à disposition des plateaux pour les libérales, les maisons de naissance, des leaders d'opinion comme l'a été le projet des Lilas... pour éviter les dérives type FBS, ou des fuites de patientes vers des propositions non adaptées (accouchement à domicile catastrophique pour des jumeaux...).
Je trouve ça chouette qu'il y en ait pour tous les goûts (même si j'ai bien fait de ne pas devenir obstétricienne, c'était mon rêve initialement mais c'est vraiment stressant comme vie), y compris pour les grosses feignasses comme moi qui veulent juste une péri bien tassée pour grappiller deux ou trois ultimes heures de sommeil.