• ENCOURAGEZ-NOUS !

    Les animatrices donnent bénévolement de leur temps et de leurs compétences pour répondre aux questions que se posent les mamans qui allaitent et accompagner celles qui le souhaitent tout au long de leur allaitement : en réunion, par courriel et au téléphone... et sur le forum !
    Si vous appréciez notre travail, nous vous invitons à nous le faire savoir par quelques mots d'encouragement à notre intention, et/ou par un don ou une cotisation - si ce n'est déjà fait - qui nous permettront de continuer à nous former pour toujours mieux répondre aux besoins des mamans qui choisissent d'allaiter.
    Rendez-vous sur le site LLL et choisissez le groupe 00-Forum pour soutenir l'équipe du forum LLL.

Vos accouchements

Pangolin

Lactarium
Adhérent(e) LLLF
Merci @Mamandupetitpoulet.
Cela fait des mois que je n'ose pas lire ce fil, qui remue trop de trucs en moi. Ton tĂ©moignage est un des premiers que je lis, et c'est magnifique đŸ„°
Exactement ce dont j'avais besoin, savoir qu'on peut bien vivre son accouchement mĂȘme quand ce n'est pas l'accouchement dont on aurait rĂȘvĂ© (une heure de poussĂ©e quand mĂȘme!), et mĂȘme quand on a eu une grossesse pourrie.
Je vais peut-ĂȘtre finir par oser en lire d'autres.
 

Carine2597

Colostrum
Bonjour Ă  toutes,
Voici mon récit d'accouchement d'il y a quelques mois.
Tout commence Ă  3h du matin ou j'ai commencĂ© Ă  avoir pas mal de contractions rapprochĂ© comparĂ© Ă  la veille, je dis Ă  mon mari de ce lever et de commencer Ă  prendre les bagages, pendant ce temps je me prends une bonne douche, je vois que ça me fait du bien mais que je sent que ça accĂ©lĂ©re, je monte dans la voiture (ont a 25min de routes jusqu'Ă  la maternitĂ©e) et je commence Ă  souffrir et j'avais envie de pousser naturellement quand j'ai senti le bouchon muqueux (exploser) , je dis Ă  mon mari tkt continue je gĂšre, j'Ă©tais en suenceur et j'avais tellement mal que la seule chose est que j'avais envie qu'il sorte. Par chance je m'Ă©tais mise en robe et Ă  3h35 du matin je dis Ă  mon mari STOP!!! Je commence Ă  sentir que bĂ©bĂ© descend, je fais quelques poussĂ© et je commence Ă  sentir ça tĂȘte. En panique mon mari appel le 18 et pendant ce temps lĂ  il c'Ă©tait garĂ© en bordure de forĂȘt. MĂȘme pas 5min plus tard quesque je sens venir mon petit bĂ©bĂ© đŸ„șđŸ„° . Mon petit Mathieu est donc nĂ©e au milieu de la route le 17/02/24 et une foie les pompiers arrivĂ©e tout le monde Ă©tais heureux 😌
 

Masylasw

Lactarium
Adhérent(e) LLLF
Bonjour Ă  toutes,
Voici mon récit d'accouchement d'il y a quelques mois.
Tout commence Ă  3h du matin ou j'ai commencĂ© Ă  avoir pas mal de contractions rapprochĂ© comparĂ© Ă  la veille, je dis Ă  mon mari de ce lever et de commencer Ă  prendre les bagages, pendant ce temps je me prends une bonne douche, je vois que ça me fait du bien mais que je sent que ça accĂ©lĂ©re, je monte dans la voiture (ont a 25min de routes jusqu'Ă  la maternitĂ©e) et je commence Ă  souffrir et j'avais envie de pousser naturellement quand j'ai senti le bouchon muqueux (exploser) , je dis Ă  mon mari tkt continue je gĂšre, j'Ă©tais en suenceur et j'avais tellement mal que la seule chose est que j'avais envie qu'il sorte. Par chance je m'Ă©tais mise en robe et Ă  3h35 du matin je dis Ă  mon mari STOP!!! Je commence Ă  sentir que bĂ©bĂ© descend, je fais quelques poussĂ© et je commence Ă  sentir ça tĂȘte. En panique mon mari appel le 18 et pendant ce temps lĂ  il c'Ă©tait garĂ© en bordure de forĂȘt. MĂȘme pas 5min plus tard quesque je sens venir mon petit bĂ©bĂ© đŸ„șđŸ„° . Mon petit Mathieu est donc nĂ©e au milieu de la route le 17/02/24 et une foie les pompiers arrivĂ©e tout le monde Ă©tais heureux 😌
Woow!
Alors lĂ  chapeau madame :jap: :pom pom:
C’était le timing, point !

Personne pour perturber ce moment, je suis fan. Bon j’imagine que ça devait ĂȘtre lĂ©gĂšrement flippant quand mĂȘme

 

MmeMarguerite

Fontaine de lait
Bonjour Ă  toutes,
Voici mon récit d'accouchement d'il y a quelques mois.
Tout commence Ă  3h du matin ou j'ai commencĂ© Ă  avoir pas mal de contractions rapprochĂ© comparĂ© Ă  la veille, je dis Ă  mon mari de ce lever et de commencer Ă  prendre les bagages, pendant ce temps je me prends une bonne douche, je vois que ça me fait du bien mais que je sent que ça accĂ©lĂ©re, je monte dans la voiture (ont a 25min de routes jusqu'Ă  la maternitĂ©e) et je commence Ă  souffrir et j'avais envie de pousser naturellement quand j'ai senti le bouchon muqueux (exploser) , je dis Ă  mon mari tkt continue je gĂšre, j'Ă©tais en suenceur et j'avais tellement mal que la seule chose est que j'avais envie qu'il sorte. Par chance je m'Ă©tais mise en robe et Ă  3h35 du matin je dis Ă  mon mari STOP!!! Je commence Ă  sentir que bĂ©bĂ© descend, je fais quelques poussĂ© et je commence Ă  sentir ça tĂȘte. En panique mon mari appel le 18 et pendant ce temps lĂ  il c'Ă©tait garĂ© en bordure de forĂȘt. MĂȘme pas 5min plus tard quesque je sens venir mon petit bĂ©bĂ© đŸ„șđŸ„° . Mon petit Mathieu est donc nĂ©e au milieu de la route le 17/02/24 et une foie les pompiers arrivĂ©e tout le monde Ă©tais heureux 😌
Wahou !! Quelle sang froid tu as eu !!
Impressionnant !
 

cosmic_b

Période de pointe
Adhérent(e) LLLF
C'était il y a 3 mois et je ne me lasse pas de le raconter !
Je commencerai par dire que j'ai eu une grossesse idyllique, avec un suivi au top du top en maison de naissance. Alors malgré ma tendance à l'anxiété, j'étais plutÎt sereine en l'imaginant.
Le terme Ă©tait prĂ©vu pour le 7 fĂ©vrier mais dans ma tĂȘte, BĂ©bĂ© (dont on ne connaissait pas le sexe) arriverait le 2, comme mon grand pĂšre, avec dĂ©but du travail le 1er.
Le 1er fevrier donc, je passe ma journée au potager, comme d'habitude. Je sens bien quelques contractions mais j'ai un gros chantier d'irrigation que je veux terminer. Et puis les contractions ce mois ci, c'est pas ce qui manque...
Vers 16h30 je termine mes branchements et me cache derriÚre un arbre pour faire pipi. Tiens tiens, ça ressemble bien à un bouchon muqueux ce truc dans ma culotte !
Je prĂ©viens mon amoureux que j'ai terminĂ©, que j'ai mal au dos, que je vais rentrer par mesure de prĂ©caution parce que mĂȘme si on peut perdre le bouchon bien longtemps avant l'accouchement, la petite sonnette d'alarme dans ma tĂȘte est bien prĂ©sente. Mais je lui dis aussi qu'il peut prendre son temps, pour terminer ce qu'il avait commencĂ©, qu'il n'y a rien d'urgent.
ArrivĂ©e dans la voiture je commence Ă  comprendre que quand mĂȘme, quelque chose est en train de se passer. Durant les 15 minutes de trajet jusqu'Ă  la maison je ne pense plus qu'Ă  une chose : prendre un bain chaud pour voir si les contractions se calment, et aussi aller vĂ©rifier l'Ă©tat de mon col avec mes doigts.
C'est ce que je fais en arrivant. Les contractions ne passent pas. Je mets les doigts et je sens que c'est dur au fond, pas comme d'habitude, avec un bourrelet tout autour. Évidemment je suis pas experte, il faudrait que j'appelle la sage femme. Allez, je sors du bain ! Et lĂ  OUPS une petite flaque sur le tapis, pas grand chose, mais un peu de sang dedans quand mĂȘme, et puis c'est dĂ©jĂ  une nouvelle contraction ça ? La derniĂšre date de mĂȘme pas 5 minutes, c'est trop rapprochĂ©, ça va pas, comment on va faire pour rouler plus d'une heure jusqu'Ă  la maison de naissance ?
Non non non, calme toi, appelle la sage femme, appelle le chéri, tout va bien.
Évidemment entre deux contractions je suis parfaitement moi-mĂȘme donc la sage femme ne me prend pas vraiment au sĂ©rieux "Ă  ta voix je pense qu'on a le temps donc trouvez votre petit Airbnb, dirigez vous par ici et quand vous ĂȘtes installĂ©s on se rappelle"
Le chéri rentre en catastrophe, tout sale du potager, et me trouve accroupie dans la chambre en train d'essayer de réserver un hÎtel pour la nuit, il est déjà 18h donc difficile de réserver un Airbnb
--pause-- je précise un peu cette histoire d'hÎtel et d'airbnb pour celleux qui ne connaßtraient pas le fonctionnement des maisons de naissance : en fait on ne dort pas sur place, une fois l'accouchement terminé si tout va bien on rentre chez soi et le suivi post partum se fait à domicile, mais quand on vit loin de la maison de naissance, il est conseillé de prendre un logement pour 3 ou 4 jours afin que la sage femme puisse assurer le suivi. --fin de la pause--
L'amoureux prend les choses en main, il nous trouve un hĂŽtel avec baignoire Ă  2 pas de la maison de naissance, prĂ©pare une glaciĂšre avec des snacks, de l'eau, et la montagne de crĂȘpes qu'on avait faites le matin mĂȘme, pendant que je finis tant bien que mal de me prĂ©parer, il est 19h je monte pĂ©niblement dans la voiture "Attends il faut que j'arrose les semis, on va ĂȘtre absents 4 jours"
Je rĂąle dans ma barbe, je vais quand mĂȘme pas accoucher sur la route pour 3 semis ?
On est enfin partis ! La position semi-allongée dans la voiture est la pire, je me mets à beugler toutes les 5 minutes, mon amoureux en pleure tellement il est décontenancé par la violence et la rapidité du truc, il est pratiquement 21h quand on arrive à l'hÎtel. Là il faut la jouer fine, je vais pas m'écrouler et hurler dans le hall, donc il part seul récupérer les clefs de la chambre et repérer le trajet, puis revient me chercher. On attend la prochaine contraction et on y va, vite vite !!
Enfin dans la chambre. Ça pue la cigarette mais tant pis. Il fait couler un bain, les 3 premiĂšres contractions dans l'eau sont un soulagement, je mange une banane en prĂ©vision du marathon. Et puis soudain, l'eau chaude ne fait plus de bien, ou alors c'est cette fichue position sur le dos, oh punaise, CA POUSSE ! Je veux pas accoucher lĂ , dans une chambre d'hĂŽtel qui pue la clope, vite vite appelle la sage femme !
"Elle file Ă  la maison de naissance prĂ©parer la chambre, elle nous rappelle quand tout est prĂȘt"
Je sors de l'eau, du sang sur le tapis, sur la serviette, tant pis. Je beugle toujours à intervalles réguliers, je ris un peu entre deux en pensant à nos voisins de chambre qui doivent sérieusement se questionner !
Je roule sur le lit mĂȘme pas dĂ©fait, aucune position ne me soulage, je m'accroupis au sol, punaise ça pousse ! Les minutes s'allongent comme des heures, enfin la sage femme rappelle ! A nouveau, il faut ĂȘtre prudents pour traverser le hall sans que je m'Ă©croule au milieu. Les gens de l'accueil nous regardent bizarrement.
La voiture, la torture. Mais déjà, je m'endors entre 2 contractions.
22h30 nous arrivons Ă  la maison de naissance, enfin ! Le stress retombe, ça y est je suis en sĂ©curitĂ© ! Ça y est je retrouve mes repĂšres. La sage femme qui m'a suivie ces derniers mois, la lumiĂšre tamisĂ©e de la chambre orange, la stagiaire rencontrĂ©e au dernier rendez vous. Tout va bien. Par terre, devant le lit, il y a un matelas couvert d'alaises jetables
"Tu fais comme tu le sens, tu t'installes comme tu te sens bien"
Je me dĂ©shabille, vite vite avant la prochaine contraction, et puis je tombe au sol, prĂȘte Ă  faire mon travail.
Ça pousse, de plus en plus. Je suis Ă  quatre pattes, et entre chaque contraction je me jette en avant sur les oreillers que mon chĂ©ri a Ă  peine le temps de glisser entre mon front et le sol. Magistral, il jongle entre oreillers, verre d'eau, fruits secs, banane, petites blagues, mais je suis dĂ©jĂ  dans l'autre monde.
"Je vais me déchirer ça brûle"
"Mais non tu vas pas te déchirer, tu veux que Cyril te mette un gant mouillé sur le périnée quand tu pousses ?"
"Ok"
Certes, je suis trÚs lucide sur ma position et l'angle de vue de mon chéri désormais derriÚre moi en train de me rafraßchir la pépette, mais ça n'a plus vraiment d'importance, et je n'ai pas envie de m'encombrer l'esprit avec cette pensée. Allez hop, au rebut ! Est ce que c'est du caca sur mon pied ? Probablement. Bon j'étais prévenue. Allez, au rebut aussi. On se concentre sur cette boule énorme que je sens avancer.
"Ça fait une grosse boule lĂ , c'est gros, t'es sĂ»re que je vais pas me dĂ©chirer ?"
"C'est la tĂȘte de ton bĂ©bĂ©, tu veux aller toucher ?"
Doucement, un peu apeurée, je touche cette masse
"Non mais c'est pas la tĂȘte du bĂ©bĂ©, c'est Ă  moi ce que je touche, tu veux pas aller voir s'il te plaĂźt ça me rassurerait"
"OK je vais mettre ma main, c'est bon pour toi ?"
"Vas y"
"Si si c'est la tĂȘte de ton bĂ©bĂ©. Tu sais ce qu'on peut faire ? Tiens Cyril passe derriĂšre elle et assieds toi sur le lit, comme ça elle peut s'accrocher Ă  tes jambes. Je vais mettre un miroir comme ça tu vois ce que tu fais d'accord ?"
"Ok"
Et lĂ , accroupie, suspendue aux genoux de mon chĂ©ri, je vois sous moi cette boule de cheveux qui commence Ă  apparaĂźtre. Avec chaque contraction elle sort, puis rentre Ă  nouveau quand la contraction passe. C'est le moment de tout donner, alors j'y vais. Une fois la tĂȘte passĂ©e, on m'a expliquĂ© que j'aurai un temps de rĂ©pit avant les Ă©paules alors je peux le faire, je sais que je peux.
Je pousse, et je vois cette boule de cheveux qui grossit, plus rien n'existe que le reflet du miroir placé sous moi, et puis plif plaf plof mon bébé dégouline de moi, et les sage femmes jusque là calmes et discrÚtes s'affairent autour comme des petites fourmis, elles frictionnent, elles remplacent les alÚses, et bébé pleure et moi aussi, et Cyril aussi, et je prends cette petite chose contre moi pour la réchauffer et puis quelqu'un demande
"Alors, finalement, fille ou garçon ?"
Il est 00h11, et je leur dis :
"On vous présente InÚs"

Quelques minutes plus tard, Cyril coupe le cordon un peu court pour que je puisse délivrer le placenta dont on prendra l'empreinte sur une feuille A3, magnifique arbre de vie.
Puis tétée d'accueil, vérification que tout se passe bien, on mange quelques crepes et puis enfin la sage femme prononce les mots magiques : "il est déjà 2h du matin, vous pouvez dormir ici quelques heures, demain je reviens vers 10h" entre la chambre d'hÎtel qui pue et mon cocon d'ocytocine le choix est vite fait !

Bien sûr je ne dors pas de la nuit, bien sûr. Vers 7h je partage une autre crepe avec la femme de ménage. Et puis on file. Il faut repasser par l'hÎtel rendre les clefs et récupérer le chargeur que Cyril a oublié. Moi je reste dans la voiture avec bébé. On rira encore longtemps de s'imaginer leur point de vue à eux : "ils sont arrivés à deux Mr l'Agent, elle a beuglé une heure et ils sont repartis. Il est revenu tout seul et tout ce qu'ils ont laissé c'est du sang sur le tapis... elle, on ne l'a jamais revue"

Le reste, c'est l'histoire en train de s'écrire... mais je l'avais bien dit qu'elle naßtrait le 2 !
 
DerniÚre édition:

Framboisine

Période de pointe
Adhérent(e) LLLF
Bravo et fĂ©licitations @cosmic_b pour cet accouchement rondement menĂ© đŸ’ȘđŸ„°

Je beugle toujours à intervalles réguliers, je ris un peu entre deux en pensant à nos voisins de chambre qui doivent sérieusement se questionner !
C clair qu'en dehors du contexte de la maternité ils ont dû se demander ce qu'il se passait !

Pendant mon 1er accouchement, 2-3h avant d'accoucher, on entendait une femme crier fort dans une salle Ă  cĂŽtĂ©, c t impressionnant vu de l'extĂ©rieur. On s'est regardĂ© avec mon mari, interloquĂ©s et en se demandant Ă  quelle sauce j'allais ĂȘtre mangĂ©e 😅
G dû faire peur à qqs femmes aussi au moment d'accoucher s'il y en avait en travail dans les salles à cÎté...
 

Sekhmet

Modératrice
Adhérent(e) LLLF
On rira encore longtemps de s'imaginer leur point de vue à eux : "ils sont arrivés à deux Mr l'Agent, elle a beuglé une heure et ils sont repartis. Il est revenu tout seul et tout ce qu'ils ont laissé c'est du sang sur le tapis... elle, on ne l'a jamais revue"
Franchement je rigolerais bien de les rappeler un peu plus tard pour leur demander xD

Magnifique récit <3 Vous avez géré :)
 

aurellly

Hyperlactation
Coucou, je remonte ce post, car j'aime tant vous lire chĂšres MĂšres-Veilleuses....

(J'ai déjà raconté mes 4 accouchements à la maison, page 6, 11, et 12 ;) )
 
DerniÚre édition:

Mamandupetitpoulet

Hyperlactation
Adhérent(e) LLLF
Bon bon bon, me revoici pour le rĂ©cit de l’accouchement tout tranquille du gros pĂ©pĂšre (qui porte donc bien son nom).


C’était une grossesse un peu plus simple que la prĂ©cĂ©dente niveau moral, sans aucun souci physique. Beaucoup de monde s’inquiĂ©tait de me voir accoucher prĂ©maturĂ©ment (alors que je n’ai jamais eu la moindre alerte ou contraction pendant la grossesse), et c’est donc avec un fort esprit de contradiction que j’ai retenu mon bĂ©bĂ© jusqu’au jour du terme.



J’avais Ă  nouveau trĂšs hĂąte d’accoucher pour ĂȘtre dĂ©barrassĂ©e de cet Ă©tat de grossesse que je ne supporte pas, et surtout pouvoir revivre ce moment, car j’adore accoucher. Nous avions travaillĂ© avec ma SF sur comment gĂ©rer les contractions, car c’était cela qui m’avait fait dĂ©faut pour le premier, j’étais restĂ©e paralysĂ©e par la douleur. J’envisageais un accouchement sans pĂ©ridurale, mais sans grande conviction 😅


A noter Ă©galement que je connaissais trĂšs bien la maternitĂ© dans laquelle j’avais prĂ©vu d’accoucher : une petite maternitĂ© de niveau 1, Ă  30 minutes de chez moi (mais ça valait vraiment le coup de faire ce trajet supplĂ©mentaire), dans laquelle j’avais fait un stage de 2 mois au cours de l’étĂ© (j’étais donc enceinte de 4-5 mois). Je connaissais toute l’équipe, les SF et les auxiliaire, les locaux, le fonctionnement, et j’avais eu l’extraordinaire opportunitĂ© d’assister Ă  3 accouchements au cours de mon stage. J’étais en terrain connu.



La grossesse se dĂ©roule donc bien, sans aucune contraction. DĂšs le rdv du 9eme mois, mon col est ouvert Ă  2 et bĂ©bĂ© appuie bien dessus. La SF me donne le rdv du terme mais sans conviction, persuadĂ©e que je vais accoucher avant. RatĂ© ! Je me prĂ©sente donc Ă  la maternitĂ© le jour du terme, Ă  8h30. J’ai dĂ©posĂ© mon Zazou Ă  la crĂšche Ă  l’ouverture, prĂ©venu sa rĂ©fĂ©rente que j’allais faire un check-up Ă  la mater et que je reviendrais le chercher le soir. J’avais quand mĂȘme pris mon sac de maternitĂ© au cas oĂč.


Je suis accueillie Ă  la mater par une SF que je connais et que j’aime bien, ainsi que son Ă©tudiante. Je fais un monito, nickel, l’étudiante m’examine. Le col est toujours ouvert Ă  2, voire 3, bĂ©bĂ© appuie bien mais aucune contraction. J’accepte un dĂ©collement des membranes, pas si douloureux que prĂ©vu. Elles sortent de la piĂšce en me disant que cela se dĂ©clenchera sĂ»rement le lendemain, que tout se passe bien. Je dois revenir dans 2 jours pour un contrĂŽle, on fait juste l’écho de contrĂŽle et je peux rentrer chez moi.


Le gynĂ©co arrive, blablate gentiment, me donne l’estimation du poids du bĂ©bĂ©, regarde son cƓur qui va bien, puis je vois qu’il ne dit plus rien et insiste Ă  plusieurs endroits sur l’écho. Je sais ce qu’il cherche, je lui demande donc s’il y a toujours du liquide. Il continue Ă  chercher, puis prend toutes ses prĂ©cautions pour me dire que non, il n’y en a plus assez, et que dans ces conditions, ils ne peuvent pas me laisser rentrer chez moi, le bĂ©bĂ© va bien mais on ne peut pas laisser durer la situation.



Je comprends donc qu’il cherche Ă  me prĂ©parer Ă  un dĂ©clenchement. Il me demande si je suis ok avec ça, je le « rassure » tout de suite en disant que ça me va parfaitement, le plus important c’est d’avoir un bĂ©bĂ© en bonne santĂ© Ă  la fin, peu importe la mĂ©thode. Il va prĂ©venir la SF de garde et son Ă©tudiante.


Pendant ce temps j’avertis mon mec (il doit se faire dĂ©poser par ses parents puisque j’ai pris la voiture pour aller Ă  ce rdv), ma mĂšre, 2 copines Ă  qui je pose la question qui me taraude : mais si on me dĂ©clenche, ça va ĂȘtre chaud patate de le faire sans pĂ©ri non ? Ma copine trouve les mots qu’il faut : « tu as eu tellement mal et ça s’est passĂ© tellement vite pour Zazou que c’est comme si tu avais dĂ©jĂ  vĂ©cu un dĂ©clenchement, tu connais et ton corps aussi. Tu peux tenter si tu veux ».


La SF revient avec son Ă©tudiante, et m’annonce qu’au vu de la dilatation de mon col, je vais ĂȘtre dĂ©clenchĂ©e par une perf d’ocytocine et qu’on va s’installer direct en salle d’accouchement. Je suis suprise, mes affaires sont dans la voiture, mon mec n’est pas lĂ , mais elles me rassurent en disant que je ne vais pas accoucher dans la minute.

Elles me demandent quel est mon projet d’accouchement, je dis que je voudrais essayer sans pĂ©ri. Aucun problĂšme pour elles, elles m’aident Ă  enfiler la blouse, me mettent la perf dans le bras et me donnent un ballon sur lequel m’assoir. Puis elles repartent. Il est 10h30. LĂ  c’est trĂšs Ă©trange, je suis dans une piĂšce froide, aucune contraction, assise sur un ballon, seule, et j’ai un peu de mal Ă  intĂ©grer que ça y est c’est maintenant. En mĂȘme temps, je suis soulagĂ©e d’ĂȘtre prise en charge par le corps mĂ©dical, je me sens bien.


Mon mec finit par arriver Ă  11h, il s’assoit tranquille, « ça y est c’est pour bientĂŽt ? », lui aussi Ă  un peu de mal Ă  conscientiser le truc, mais on se fait tranquillement Ă  l’idĂ©e. Je suis la seule Ă  accoucher ce jour, donc on est Ă  la cool avec les SF. L’étudiante SF repasse vers 12h, le monito dit que j’ai 3 contractions toutes les 10 minutes, je ne les sens pas, l’étudiante est surprise car ça avance bien.

Vers 12h30, ça y est, je sens les contractions. C’est lĂ©ger, mais ça arrive. Comme un petit chatouillis dans le bas ventre. 13h : je commence Ă  souffler Ă  chaque contraction comme me l’a appris ma SF, en 3 inspirations la contraction est terminĂ©e, ça m’aide. La douleur est facile Ă  supporter.

13h30 : les SF demandent si je veux ĂȘtre examinĂ©e, je suis Ă  4 cm. Je pars aux toilettes entre 2 contractions, mon mec les chronomĂštre car le monito les enregistre mal. Je reviens des toilettes, je commence Ă  avoir vraiment mal. Mon mec me demande si les contractions ne se sont pas rapprochĂ©es, on compte grĂące Ă  l’horloge et effectivement environ 1 minute entre chaque.

Je souffle, mais la douleur commence Ă  ĂȘtre trĂšs intense. Je suis Ă  4 pattes par terre, appuyĂ©e sur le bord du lit. Je souffle toujours Ă  chaque contraction, je tiens 2 inspirations mais je perds les pedales sur la 3eme, ca fait trop mal. J’ai le temps de relever la tĂȘte pour regarder mon mec entre chaque, il finit par appeler les SF.

14h : elles proposent de me rĂ©examiner, je suis Ă  7 cm. LĂ  ça fait tilt dans mon cerveau, j’étais Ă  7 quand je suis arrivĂ©e Ă  la mater pour accoucher de Zazou, je connais cette douleur mais j’ai pas envie d’aller au delĂ , je ne m’en sens pas capable. Je demande la pĂ©ri. L’anesthĂ©siste arrive vite mais met 1.000 ans Ă  se prĂ©parer, je suis assise au bord du lit, je douille. 14h30 pĂ©ri posĂ©e, la SF me rĂ©examine je suis Ă  9.


La pĂ©ri met un bout de temps Ă  faire effet, on peut la doser soi-mĂȘme donc je rappuie sur le bouton 1 ou 2 fois, mais je n’ose pas plus. Au final, au bout de 15 minutes, la pĂ©ri fait effet, je ne sens plus rien. Je suis soulagĂ©e, bien couverte, je m’autorise Ă  somnoler. Le gynĂ©co qui avait demandĂ© le dĂ©clenchement repasse me voir pour prendre des nouvelles (je rappelle que je suis la seule Ă  accoucher, il a le temps), voit le monitoring et s’exclame « ah mais vous ĂȘtes Ă  9, vous n’avez pas besoin de moi » et repars.


L’étudiante SF passe me voir plus tard, me demande comment j’envisage la poussĂ©e. Je lui explique que pour l’accouchement de Zazou, j’avais mis trĂšs longtemps Ă  pousser, que j’ai un peu peur de ne pas rĂ©ussir Ă  nouveau et que je souhaiterai qu’elles me laissent d’abord pousser un peu seule avant de compter les 20 minutes. Elle acquiesce.


Plus tard, nouvel examen, bĂ©bĂ© est bien engagĂ©, on peut commencer la poussĂ©e. Il doit ĂȘtre 16h30 ? Elles s’installent en papotant, on rigole, me demande de mettre les pieds dans les Ă©triers et lĂ  on se rend compte que je ne peux plus soulever la jambe gauche. Oups, la pĂ©ri a Ă©tĂ© trop dosĂ©e ! La SF pose ses doigts sur mon col ou la tĂȘte du bĂ©bĂ©, en me demandant si je sens ses doigts. Non. Elle me rĂ©pond penaude que c’était Ă  cet endroit qu’il fallait diriger la poussĂ©e. Bon on fera sans sensation, j’essaie dĂ©jĂ  de ressentir les contractions mais c’est pas vraiment ça.


16h45: dĂ©but de la poussĂ©e. 1er cycle, j’entends l’étudiante SF m’encourager « c’est trĂšs bien ce que vous faites, continuez ». Sur les 3 accouchements que j’avais vu + le prĂ©cĂ©dent mien, je savais que les SF encouragent toujours la maman comme si elle allait accoucher dans la seconde, mĂȘme si cela n’était pas du tout le cas. Je mets la voix de la SF de cĂŽtĂ©, garde les yeux fermĂ©s et continue de pousser.

2Ăšme cycle de poussĂ©e : « il descend bien votre bĂ©bĂ©, c’est bien continuez ».

16h49. 3Ăšme cycle de poussĂ©e : « ça y est arrĂȘtez de pousser, il est lĂ  votre bĂ©bĂ© ! » Euh
 quoi ? đŸ€ŻđŸ€Ż Je ne sens rien, j’ouvre les yeux, regarde mon mec, lui demande si c’est une blague. Lui : « ah non non pas du tout, je vois la tĂȘte ».


Et c’est lĂ  qu’on me pose un gros bĂ©bĂ© tout violacĂ© sur le ventre. J’ai rien compris, Chouchou non plus car il a mis un peu de temps Ă  atterrir et crier, et puis j’ai voulu le prendre un peu mieux quand tout Ă  coup : « monsieur, vous allez prendre le bĂ©bĂ© en peau Ă  peau. Madame, nous allons devoir vous faire une rĂ©vision utĂ©rine la membrane de la poche des eaux n’a pas Ă©tĂ© expulsĂ©e ». Argh. On rappelle l’anesthĂ©siste pour rajouter une dose d’anesthĂ©siants. On attend 10 minutes. La SF est toute prĂ©cautionneuse, elle insĂšre sa main petit Ă  petit, et c’est lĂ  que je remercie l’anesthĂ©siste pour la pĂ©ri bien chargĂ©e car je n’ai absolument rien senti.


Une fois la rĂ©vision utĂ©rine terminĂ©e, je rĂ©cupĂšre mon gros pĂ©pĂšre et je le mets au sein. Il prend super bien puis se rendort. DĂ©jĂ  le futur bĂ©bĂ© cool et calme dont on a eu la chance de faire la rencontre đŸ„°. On est raccompagnĂ©s en chambre par la SF et le gynĂ©cologue qui devait bien s’ennuyer et avait dĂ©cidĂ© de papoter un peu, et puis c’était parti đŸ„°đŸ€©


Edit : c’est super long dĂ©solĂ©e, mais je veux vraiment tout me rappeler 🙈
 

Pauline C

Fontaine de lait
Adhérent(e) LLLF
Je peux raconter les miens si vous ĂȘtes en manque de lecture, je ne l’ai pas fait encore
mais y a rien de trĂšs stylĂ©.

Pour ma grande, j’ai accouchĂ© Ă  40+4, j’étais au bar quand les contractions ont commencĂ©. Je suis rentrĂ©e chez moi Ă  pied, mon mec est restĂ© un peu avec nos amis, puisque j’avais juste un peu mal au ventre. Petit tour Ă  la mater vers minuit, c’est lancĂ© mais un peu tĂŽt, on rentre Ă  la maison (on habite Ă  50m). Le lendemain est un dimanche, mon compagnon est d’astreinte. Nuit blanche pour moi Ă  essayer de lire Watchmen, tout en faisant les cent pas dans le salon. Je m’assoupis en fin de nuit, me force Ă  manger, Ă  11h j’y retourne Ă  pied avec mes affaires. La sage-femme me confirme que c’est bien parti mais encore un peu tĂŽt, j’ai assez mal. J’appelle mon mec pour lui dire que je ne vais pas tarder Ă  passer en salle. Il ne rĂ©alise pas, en salle de quoi ? Apparemment il lui faut un peu de temps pour intĂ©grer l’info. J’appelle son chef pour lui dire de le laisser partir. Il me rejoint vers midi, on doit marcher un peu. On squatte l’internat, je gĂ©mis Ă  4 pattes tandis que lui passe ses nerfs sur le flipper. On jette des coups d’Ɠil insistants aux anesthĂ©sistes qui finissent leur cafĂ©. On retourne Ă  la mater, je veux prendre l’escalier. Mauvaise idĂ©e. Je le monte Ă  quatre pattes et trĂšs lentement. La pĂ©ri est posĂ©e vers 14h30, ouf. Bonne hypotension quelques minutes aprĂšs, je tombe dans les vapes, je hurle Ă  mon mec de pousser la perf, il rĂąle aprĂšs les anesth. Ça se rĂ©tablit vite. L’aprĂšs-midi passe doucement. J’ai les jambes dans du coton, j’adore, c’est tellement bien de ne plus avoir mal. Changement de Sf Ă  20h30, on s’installe, le bĂ©bĂ© ne tolĂšre plus trĂšs bien. FlĂ»te, mon mec vient de partir chercher un burger. Il rapplique. Je pousse, je ne me rends pas trop compte mais ça commence Ă  chauffer sur le monito. Ça ne passe pas. J’entends un coup de ciseaux. Je lance que j’ai entendu les ciseaux, nan mais ho. Ma fille sort avec une petite circulaire qui commençait Ă  gĂȘner. Elle va bien. Y a bien eu un coup de ciseaux, on me recoud.



Pour le deuxiĂšme, c’était au dĂ©but du confinement, lĂ  encore aller retour mais 30mn de voiture cette fois, ouille. J’avais fait un faux travail une semaine avant, les contractions ont cĂ©dĂ© alors que je mettais le sac dans le coffre. Cette fois je fais les cent pas dans l’hĂŽpital dĂ©sert au milieu de la nuit. C’est bizarre. Tout le monde est masquĂ©. Tout est feutrĂ©. Mon mari peut rester. Tout se passe bien, j'ai moins mal que la premiĂšre fois. Je tarde un peu Ă  faire des bolus, on essaie le MEOPA, j'ai mal, je panique, l'IADE charge la pĂ©ri, je me calme et pouf, mon fils est lĂ . On se fait la rĂ©flexion que ce bĂ©bĂ© pleure beaucoup quand mĂȘme. Ça se confirmera.



Pour les jumelles, dĂ©clenchement par rupture des membranes. J’arrive Ă  8h aprĂšs un solide petit dĂ©jeuner (on a essayĂ© de me faire venir Ă  jeun, quelle blague). Le travail se lance tranquillement, je fais le tour de l’hĂŽpital au pas de charge en faisant coucou Ă  tout le monde, complĂštement dopĂ©e Ă  l’adrĂ©naline, pour que ça aille vite. C’est la premiĂšre fois que je connais des contractions Ă  poche rompue, ça fait trĂšs mal. Au bout d’une heure et demi, je n’en peux plus, j’ai envie d’embrasser l’interne d’anesthĂ©sie quand il arrive. On me dit que je suis formidable, j’essaie de blaguer en disant que je sais qu’ils disent ça Ă  tout le monde mais d’un filet de voix inaudible, ça tombe Ă  plat. Je fais la sieste. Je grignote en loucedĂ©. Des gens passent se prĂ©senter. Tout le monde est adorable. A 19h15, ça commence Ă  s’activer, et lĂ  c’est le dĂ©barquement ; la gynĂ©co, l’interne, 3 sage femmes, deux auxiliaires, l’anesth et l’IADE, le pĂ©diatre derriĂšre la porte. Je pousse deux fois. Eve sort. Je crois que je la prends sur moi mais je ne suis plus sĂ»re. On l’emmĂšne. Je panique parce que je ne leur ai pas donnĂ© le prĂ©nom, comment on va la rĂ©cupĂ©rer si elle n’a pas de prĂ©nom, et oĂč est son pĂšre ? Elisabeth descend dans mon ventre, c’est une sensation trĂšs bizarre, comme si elle avait pris un toboggan. Je pousse une fois, la voilĂ . On me donne les deux aprĂšs la dĂ©livrance. Il faut les installer pour tĂ©ter. Je me dis que je n’aurai jamais assez de bras et que ça va ĂȘtre trop galĂšre. Je me trompe (c’est un peu galĂšre, mais l’allaitement se passera mieux que je n’aurais pu l’espĂ©rer). Elles vont bien, pas de nĂ©onat, elles sont en forme, je sais qu’on a eu de la chance. Le brancardier n'a pas le droit de pousser le brancard jusqu'Ă  la mater si les bĂ©bĂ©s sont dans mes bras, elles doivent voyager en berceau. Je rĂąle. Il est inflexible. Je capitule. En me levant de mon lit, je me casse la figure, la pĂ©ri Ă©tait plus chargĂ©e que je pensais.

Et pour les 3 accouchements, si on m'avait tendu un micro pour me demander à chaud comment je me sentais (d'ailleurs j'ai dû le dire), je crois que mon premier cri du coeur aurait été: j'ai FAIM, nom d'une pipe.
 

Alicekaboom

Hyperlactation
Adhérent(e) LLLF
Tout pareil que @Mamandupetitpoulet, le texte était dans mes notes... C'est drÎle, ça fait seulement un an mais en le relisant, je me rends compte que j'avais déjà oublié des mini détails, j'avais bien fait de l'écrire !

On est une semaine avant le terme. Je suis en forme, mon mec dort et j'avance tranquillement sur un puzzle sur la table du salon. Je vais me coucher vers 3h.
Je suis réveillée vers 5h par une douleur inhabituelle dans le ventre. Réflexe classique, je vais aux toilettes, rien. Nouvelle douleur, pas trop vive, ce qui laisse la possibilité à mon cerveau de s'activer : tiens tiens, ce serait-y pas une contraction ?
Je retourne silencieusement dans le lit, j'ai peur de me porter la poisse en parlant trop vite de contractions, c'est peut-ĂȘtre des Braxton Hicks. Je sors mon portable et je commence Ă  chronomĂ©trer.
5h30, je réveille mon mec. "J'ai des contractions."
On discute un temps. Il me demande si ça fait trĂšs mal, je lui dis que non, ça va. C'est un moment excitant, Poupette arrive, mon corps se met en mouvement, j'ai l'impression d'ĂȘtre une spectatrice aux premiĂšres loges.
7h30, je lui dis que ça fait 2h, on part Ă  la maternitĂ©. Sur le chemin, je m'arrĂȘte rĂ©guliĂšrement pour souffler mais ça va, j'arrive encore Ă  marcher et parler. Je fais en presque 30 min le trajet qui normalement ne m'en prend que 10.
À l'accueil, bonjour madame, c'est pourquoi ? Moi, pliĂ©e en deux : c'est...hhhh...pour...hhh... accoucher!
Arrivée en salle de travail, on constate que je ne suis qu'à 1cm et on me propose de rentrer. Je serais bien restée mais je n'ose pas trop insister... Finalement, la SF se rend compte que la poche est fissurée : à mon soulagement, je reste donc.
On me montre la salle "nature" : lit, ballons, baignoire, alleluia. Je prends un bain, à ce stade les contractions sont déjà longues et rapprochées, pas de bol pour moi elles sont aussi "inefficaces". Je fais des micro sommeils de 10 secondes entre les contractions qui me réveillent en gémissant, pendant que mon mec me parle doucement et me dit que je suis wonderwoman. Il me glisse un carré de chocolat parce que j'ai faim, je le vomis de douleur immédiatement aprÚs.
Le temps commence Ă  ĂȘtre long, je sens l'Ă©nergie qui chute dangereusement et la nuit quasi blanche se faire sentir.
À 12h, on me demande si je veux la pĂ©ri, je dis oui avant qu'ils aient fini la question. À 12h30, pĂ©ri installĂ©e et efficace, je m'endors comme une pierre. On passe rĂ©guliĂšrement vĂ©rifier que tout va bien, Poupette arrive Ă  bouger assez pour qu'on ait besoin de replacer le monitoring rĂ©guliĂšrement, et moi mon col se dilate trĂšs paresseusement.
Vers 19h, mon gynĂ©co passe, c'est pour bientĂŽt. Il finit l'accouchement Ă  cĂŽtĂ© et il arrive. Je suis prĂȘte, reposĂ©e et calme, aucune apprĂ©hension.
Tout le monde se prépare. On me demande à quelle heure la poche a fissuré, je dis que je n'en sais rien. Un peu au hasard, on dit 7h30. "Il est 19h24, il faut que le bébé soit sorti à 19h30" me dit on d'un air joueur. Bien visé, je suis joueuse.
Il faut pousser, eh bien poussons. À 19h27, on me pose Poupette sur le ventre. Puis on me la reprend pour l'habiller, j'essaie de l'apercevoir derriĂšre son papa pendant que le gynĂ©co expulse le placenta. On me la ramĂšne, je la met au sein, je pleure d'Ă©motion.
La SF à cÎté trouve que la respiration est un peu fastidieuse. Elle parle de cordon autour du cou, je n'arrive pas à réconcilier son ton rassurant avec les mots qu'elle utilise. On me dit qu'il faut mettre Poupette sous oxygÚne, par précaution. La SF, mon enfant et mon mec sortent. Je passe 10 minutes les yeux rivés sur la porte. Bizarrement, je ne suis pas inquiÚte. Je connais ma fille, je l'ai sentie me faire des coups de pied dignes de Thomas Ramos, je l'ai vue rendre dingues 4 médecins échographes qui n'arrivaient pas à faire leurs mesures tellement elle bougeait, donc je n'envisage pas un seul instant qu'il puisse y avoir un réel problÚme. Juste, elle me manque.
Mon mec revient, le sourire aux lÚvres, tout va bien. On remet Poupette dans mes bras, et hop au sein. Son niveau d'oxygÚne a été surveillé pendant 3 jours mais tout allait bien.
J'ai fini le puzzle quelques semaines aprÚs, avec elle dans son couffin juste à cÎté.
 

MmeMarguerite

Fontaine de lait
Mardi dans la journĂ©e je me suis mise Ă  avoir vraiment plus de contractions que d’habitude. Des contractions qui pincent un peu plus que d’habitude. En fin d’aprĂšs-midi, je dĂ©cide de noter les horaires pour voir si c’est rĂ©gulier : pas vraiment mais elles se rapprochent et il y en a beaucoup. Je suis pleine d’espoir
et en mĂȘme temps un peu agacĂ©e et impatiente, ça ne se lance pas vraiment, c’est frustrant ! J’envoie un message de dĂ©tresse sur le groupe whatsapp de mon Blessing way, en recherche d’ocytocine pour faire vraiment commencer le travail. Les amies sont au rdv, j’ai plein de rĂ©ponses et d’amour. L’une d’entre elles propose que j’envoie plutĂŽt un smiley sur la conversation au lieu de noter les heures des contractions. Je choisis la licorne et commence Ă  en envoyer.

Je vais me coucher Ă  une heure raisonnable (entre 22h30 et 23h) et je suis rĂ©veillĂ©e par ma vessie : les contractions appuient dessus et ça me donne envie d’uriner. Il est minuit, j’écris un message Ă  C. (une amie) puisque je sais qu’elle travaille de nuit. Je retourne rapidement me coucher et m’endors
 jusqu’à 2h30, une nouvelle pause pipi s’impose. Je n’arrive plus Ă  me rendormir, alors je me remets Ă  envoyer des licornes sur whatsapp. Au bout d’un moment j’ai faim et le sommeil me fuit toujours alors je dĂ©cide de descendre. En plus ça tombe bien : on a oubliĂ© d’étendre la lessive lancĂ©e la veille, ça me fera bouger de m’en occuper ! Je continue Ă  Ă©crire Ă  C., je ne me sens pas seule, j’ai aussi allumĂ© ma bougie et sorti les petits mots doux des amies. J’étends ma lessive en me posant sur le ballon Ă  chaque contraction, je me dis que si je bouge, ça finira par les intensifier. Je regarde un dessin animĂ© sur N*tflix.

Le matin arrive, j’ai envie de me reposer un peu alors je m’installe sur le canapĂ© et somnole pendant une petite heure avant que les enfants ne se rĂ©veillent. Il n’y a toujours pas de rĂ©elle accĂ©lĂ©ration du « prĂ©-travail » mais je me dis que c’est pour aujourd’hui. Quand les enfants se lĂšvent, je leur dis qu’ils iront chez les voisins pour la journĂ©e, que le suricate a l’air de vouloir sortir aujourd’hui. La belette lui chante une chanson tout prĂšs de mon ventre pour qu’il descende. Je prĂ©viens la voisine qui me dit qu’elle prĂ©pare aussi des lits et que les enfants peuvent dormir chez elle ce soir comme ça M.Marguerite pourra passer la nuit Ă  la maternitĂ© avec moi si le bĂ©bĂ© est nĂ©, et on aura pas de stress. Elle est super, ma voisine !

AprĂšs le petit-dĂ©jeuner, ça dĂ©gĂ©nĂšre entre les enfants qui sont fatiguĂ©s, tout le monde perd patience et les contractions s’espacent et tendent presque Ă  disparaĂźtre, ça me met trĂšs en colĂšre. J’ai envie qu’il sorte aujourd’hui, moi, je ne veux pas avoir fait une nuit blanche pour rien ! M.Marguerite sort faire des semis de graines avec les enfants, je me repose et me calme sur le canapĂ©, puis dĂ©cide de sortir m’attaquer aux mauvaises herbes Ă  coups de bĂȘche, si ça ne me redonne pas des contractions, ça m’aidera au moins Ă  me dĂ©fouler !

Ma chasse contre la chĂ©lidoine et le pissenlit est efficace, les contractions reprennent ! Elles ne sont toujours pas fortes ni rĂ©guliĂšres mais elles sont de retour. On envoie les enfants chez les voisins peu avant midi, avec un sac pour la nuit et leurs affaires d’école pour le lendemain, et on se fait un repas tranquille en amoureux. Comme il fait trĂšs beau, on sort aussi faire une balade. Je sens que ça contracte assez rĂ©guliĂšrement pendant la balade, mais je ne note rien exprĂšs pour tenter de dĂ©connecter. Quand on rentre, les contractions se calment Ă  nouveau, ça me dĂ©sespĂšre ! Je dĂ©cide d’appeler M. (ma sf) pour lui demander son avis, elle me dit que ça peut aussi bien durer 48h comme ça ou s’accĂ©lĂ©rer d’un coup, qu’il faudrait que je dĂ©connecte mon cerveau et que probablement si j’arrive Ă  me reposer vraiment, ça pourra soit s’arrĂȘter, soit se lancer correctement. Elle propose de venir puisqu’on a une ordonnance pour le monitoring, comme ça elle en profitera pour regarder l’avancement du truc ou pas.

Pendant le monitoring (le suricate est parfait, avec un battement de cƓur de bĂ©bĂ© bien prĂȘt Ă  sortir, un peu ralenti, et il a toujours la tĂȘte dans le bon sens, j’ai eu un doute dans l’aprĂšs-midi) M. discute avec moi. Elle a regardĂ© mon col avant et elle me dit que c’est un col sympa « il est tout mou comme du chewing-gum, encore bien Ă©pais mais pas rĂ©sistant, donc lĂ  si le travail se met en route tu seras rapidement Ă  6 ! ». Elle me parle du suricate qui a l’air prĂȘt, et me dit que peut ĂȘtre moi je ne le suis pas
 Elle tĂąte le terrain sur plusieurs explications : soit j’ai tellement envie que ce soit pour maintenant que j’ai dĂ©clenchĂ© un dĂ©but de truc, mais que ma volontĂ© ne suffit pas pour le moment, soit un truc me bloque et le travail se mettra en route quand j’aurai lĂąchĂ©, quand je me serai vraiment endormie par exemple. Puis elle me regarde, et elle me demande « Est-ce que ce serait possible que tu aies peur de laisser sortir ce bĂ©bĂ©, parce que ça voudrait dire que tu laisserais partir ton papa ? » Outch. [Mon pĂšre est en soins palliatifs, on a prĂ©vu d’aller le voir le plus tĂŽt possible aprĂšs la naissance du suricate pour lui prĂ©senter, il attend avec impatience.] Je ne m’y attendais pas, je fonds en larmes. C’est possible, je n’y avais pas pensé 

On continue Ă  parler, elle me dit aussi que j’ai peut ĂȘtre besoin de cĂąlins, que quand on a un tout petit, on donne sans compter alors des fois on ne s’en sent pas prĂȘte si on a pas eu sa dose avant. Elle me prend dans ses bras, on reste un moment comme ça sur le canapĂ©. Sur le monitoring, il n’y a qu’une seule « vraie » contraction qui correspond au moment oĂč elle a posĂ© sa question. Elle prend congĂ© en nous conseillant de laisser les enfants chez les voisins (on se pose la question vu que rien ne semble vouloir se lancer pour le moment), de faire des choses qui ont du sens pour moi, qui me font plaisir, et de manger quelque chose qui me fait envie sans se soucier de la glycĂ©mie pour ce soir. AprĂšs son dĂ©part, on en parle un peu avec M.Marguerite et on se fait de gros cĂąlins.

Il est 18h, on dĂ©cide qu’il vaut mieux laisser les enfants chez les voisins ce soir, mĂȘme s’il ne se passe rien, une soirĂ©e tranquille nous fera du bien. On part se promener pour profiter des derniers rayons du soleil. A 30m de la maison, trĂŽne le panneau qui annonce que le camion pizza est au village ce soir, parfait ! J’appelle pour commander pour 19h30. Il fait assez bon malgrĂ© le vent, on prend un chemin dans les vignes (ok, il n’y a que ça vers chez nous !), le soleil dĂ©clinant sur les chĂąteaux, c’est beau. On parle de tout et de rien, on est bien. Les contractions reviennent.

19h, la voisine m’écrit que si on ne part pas tout de suite, ça pourrait ĂȘtre bien qu’au moins M.Marguerite vienne faire un bisou aux enfants avant qu’ils aillent au lit. On dit qu’on viendra pour les coucher, elle nous dit de passer d’ici 40min. Nickel, on pourra aller chercher la pizza avant.

19h20, on se met en route pour aller chercher la pizza, les contractions m’obligent Ă  me concentrer sur la respiration, et c’est un peu inconfortable dans la voiture assise bien droite, et ça tiraille dans les ronds-points ! En plus on s’est trompĂ©s, le camion n’est pas au mĂȘme endroit que d’habitude, il est dans le centre du village. On rigole avec mon mari qu’on devrait rouler plus longtemps encore, parce que ça a l’air efficace pour dĂ©clencher le travail !

19h40, on arrive au camion et on récupÚre notre pizza en discutant un peu avec la femme du camion et un client qui est là. Les contractions me font me dandiner un peu.

19h46, on va chez les voisins. Les enfants sont au bain, les 4 (les deux des voisins et les nĂŽtres) dans la baignoire, ça s’arrose, rigole et ne veut pas sortir. Ils sont contents de nous voir, surtout le petit bonhomme qui a paraĂźt-il dĂ©jĂ  pleurĂ© Ă  midi (petit shoot de culpabilitĂ© : je crois bien qu’il nous a vus par la fenĂȘtre quand on est sortis se promener aprĂšs manger). On essaye de les faire sortir, la voisine est bien contente qu’on s’en occupe, elle commençait Ă  ĂȘtre un peu dĂ©passĂ©e ! Elle prend son cadet et nous laisse gĂ©rer les autres. Cette fois-ci, je sens bien que le travail est lancĂ©, je gĂšre les contractions en me dandinant d’un pied sur l’autre, appuyĂ©e au dossier d’une chaise, et en soufflant. C’est bien plus que des pincements ! Et les enfants n’y changent rien cette fois-ci ! La sortie du bain met des plombes, ainsi que le coucher, parce que la belette voudrait le lit oĂč est dĂ©jĂ  installĂ© son frĂšre, mais pas du compromis proposĂ© de dormir avec lui
 On essaye de garder notre calme, mon mari me voit souffler en me dandinant debout et semble inquiet, rĂ©pĂšte aux enfants que le suricate veut sortir, qu’il faut qu’on parte maintenant. Je m’occupe de la belette qui finit par accepter de dormir sur le matelas par terre, on reste jusqu’à ce que les deux dorment parce qu’ils sont un peu inquiets (en fait, c’est leur premiĂšre nuit sans nous ailleurs qu’à la maison). Puis on s’extrait de la chambre en vitesse, remercie la voisine et rentre Ă  la maison.

21h20, on est de retour Ă  la maison, on allume la tĂ©lĂ© (on a dĂ©jĂ  loupĂ© le dĂ©but de Top Chef), et on met la pizza Ă  rĂ©chauffer. Je m’installe sur le ballon entre les contractions, devant la tĂ©lĂ© et quand je les sens venir, je me lĂšve et m’appuie au dossier du canapĂ©.

À la deuxiĂšme moitiĂ© de la pizza, je demande Ă  M.Marguerite de m’appuyer sur le sacrum pendant les contractions et commence Ă  grogner un peu. Les contractions sont Ă  moins de 5min d’intervalle. M.Marguerite dĂ©cide qu’on appellera M. quand on aura fini de manger.

21h45, Finalement, il l’appelle quand on a fini la pizza, avant de se faire des tartines de fromage, puis de miel. À chaque contraction, il se lĂšve plus ou moins rapidement pour m’aider. Je me retiens de lui crier de lĂącher sa tartine et venir plus vite que ça. Il me propose de m’appuyer plutĂŽt au mur qu’à la table, il a raison, c’est mieux. J’ai trĂšs mal dans le bas du ventre pendant les contractions alors je dĂ©cide de faire chauffer de l’eau pour pouvoir me soulager avec la bouillotte. La bouillotte, c’est pas mal, ça m’aide mais je dois la serrer Ă  deux mains sur mon bas-ventre, alors pendant les contractions, je pose mon front contre le mur et commande Ă  M.Marguerite de continuer Ă  m’appuyer sur le sacrum « PLUS FORT ! » « PLUS BAS » . Entre les contractions, j’ai peu de temps, alors je reste debout et me repose contre mon mari, le laissant m’enlacer et me shootant Ă  son odeur. Quand je n’ai pas le temps d’atteindre le mur avant une contraction, je reste contre mon mari qui me soutient sous les bras et je me suspends comme ça, en agrippant toujours ma bouillotte.

22h25, M. arrive, elle me fĂ©licite « cette fois tu as vraiment une tĂȘte de femme qui accouche, bravo ! » elle me fait des caresses pendant les contractions, et m’encourage. Elle cherche rapidement le rythme cardiaque du suricate « il va super bien ». Elle me propose de regarder l’état du col, j’accepte : « ça avance bien lĂ  ! » Comme M.Marguerite me soutient pendant les contractions, elle lui conseille de s’adosser au mur, et elle s’occupe de m’appuyer sur le sacrum. Les contractions sont trĂšs fortes, je me dis que si ça doit s’empirer ou durer des heures comme ça, je ne tiendrai jamais ! Entre elles, j’ai Ă  peine le temps de me relĂącher. Mon mari et M. m’encouragent.

22h40 M. me demande si je ne le sentirais pas dans les fesses, ce bĂ©bĂ©, je lui rĂ©ponds « SIIII !! ». Pendant les contractions, je dĂ©colle presque les pieds du sol, les fesses en arriĂšre, le haut du cops en appui complet sur M.Marguerite, ma tĂȘte contre sa poitrine. M. propose de regarder Ă  nouveau le col, elle pense que c’est le moment de partir pour la maternitĂ©. AprĂšs examen elle confirme : si on veut y aller c’est maintenant. Je me mets Ă  pleurer que je n’y arriverai pas, que je ne veux pas aller dans la voiture. M.Marguerite insiste, il voudrait vraiment qu’on soit Ă  la maternitĂ©. Je finis par accepter de bouger, j’arrive jusqu’à l’entrĂ©e, mets un pied dans une chaussure, mon mari m’aide Ă  l’enfiler correctement et ferme la fermeture. Puis une Ă©norme contraction me fait m’accroupir en hurlant. J’ai la bouillotte dans les bras, je m’y accroche comme un doudou et appuie sur le mur avec ma tĂȘte. D’aprĂšs mon mari, lĂ  M. l’a regardĂ© avec un mouvement de la tĂȘte genre « ça va pas le faire.. »

22h45, M. dĂ©cide de m’examiner une derniĂšre fois (je ne sais mĂȘme plus mais elle a dĂ» me demander mon consentement), et dĂ©clare que c’est trop tard pour partir, le bĂ©bĂ© est engagĂ©, c’est un coup Ă  accoucher dans la voiture, on reste, elle va chercher ses affaires rapidement dans sa voiture. Elle dit Ă  M.Marguerite qu’elle peut appeler le samu si ça le rassure. Lui m’enlĂšve la chaussure, je me retourne, pose un pied sur une marche et m’accroupis Ă  nouveau avec une grosse contraction, je sens que le bĂ©bĂ© descend. Mon mari m’aide Ă  monter les deux autres marches (l’entrĂ©e est en deux parties : un petit sas avec la porte d’entrĂ©e, l’étagĂšre Ă  chaussures sur le cĂŽtĂ©, et en face la porte de la cave Ă  gauche et 3 marches Ă  droite. En haut des marches, comme un petit couloir avec du carrelage au sol, les porte-manteaux Ă  droite, la montĂ©e de l’escalier Ă  gauche et la porte du salon en face), M. revient et me demande oĂč je veux m’installer, je dis que j’étais bien avec un pied sur une marche, je veux rester devant l’escalier, je pense aussi que ce sera plus facile de nettoyer le carrelage (non, mon cerveau ne s’arrĂȘte vraiment jamais !). M.Marguerite demande de quoi on a besoin et revient avec des serviettes de toilette, M. m’en pose une entre les jambes. Je ne sais plus trop comment, je suis finalement Ă  genoux. La tĂȘte se retrouve dans mon bassin puis Ă  mi-chemin de la sortie, coincĂ©e dans mon pĂ©rinĂ©e. LĂ  je hurle. M. me dit que je dois pousser, je crie que je vais mourir (tout en me disant que je suis ridicule et qu’il suffirait que j’aie le courage de pousser) et que je ne vais pas y arriver. À la deuxiĂšme contraction sans changement, M. me propose de m’accroupir, elle m’aide, M.Marguerite me soutient, assis dans l’escalier, et d’un coup :

22h49, le suricate sort d’un coup sur la serviette en mode glissade. Gros soulagement pour moi ! Je ris, M. l’attrape et me le met dans les bras. Elle m’aide Ă  enlever ma robe et mon soutien-gorge pour faire du peau Ă  peau. M.Marguerite s’éloigne un peu, les yeux mouillĂ©s.

Ensuite M. m’a mis des coussins avec un plaid dessus pour que je puisse me coucher entre le salon et l’entrĂ©e le temps que le placenta sorte (mon mari a fait une photo đŸ€­), puis elle m’a proposĂ© de monter dans mon lit si je le sentais. Le papa a enlevĂ© son polo pour faire du peau Ă  peau Ă  ma place le temps que je sois installĂ©e confortablement dans le lit.
 

Doobida

Fontaine de lait
Adhérent(e) LLLF
Oooooh la la la la la la @MmeMarguerite je pleure un peu ❀
đŸ„č
besoin de cĂąlins
đŸ„°
😍
tĂȘte de femme qui accouche
đŸ€©
M.Marguerite s’éloigne un peu, les yeux mouillĂ©s
đŸ„č

Merci merci pour ce partage, c'est tellement beau ❀
 
Haut