Je m'excuse d'avance pour ce pavé, mais ce soir j'ai le cœur lourd. J'ai un besoin viscéral d'exprimer la tristesse, la frustration et la colère qui me rongent.
Le 16 février dernier, j'ai donné naissance à ma petite Romy (2kg950). Cet accouchement a été précédé d'une grossesse très anxiogène (menace d'accouchement prématuré, alitement, isolement) et s'est terminé dans un véritable traumatisme : un réveil en pleine nuit dans une mare de sang, le Samu, la peur de ne plus sentir mon bébé, et finalement un déclenchement de 17h. J'en ai gardé un stress post-traumatique et un baby-blues.
Pour moi, allaiter Romy (mon 3ème enfant), c'était bien plus qu'une envie. C'était la continuité de ma maternité, un lien salvateur, une réparation après m'être fait voler ma grossesse et mon accouchement.
Mais rien ne s'est passé comme prévu.
À la naissance, le premier peau à peau a été magique. Mais les 3 nuits à la maternité ont été chaotiques : des tétées d'une heure toutes les deux heures. J'étais anémiée par l'hémorragie et épuisée. Ma montée de lait a été très discrète (contrairement à mes aînées où j'avais eu une hyperlactation). Ma sage-femme m'a rassurée à tort, me disant que pour un 3ème bébé, le corps savait faire et passait vite en mode autocrine.
La descente aux enfers physique et la stagnation au poids
Dès le retour à la maison, les douleurs ont commencé : crevasses, puis des ampoules de lait des deux côtés, des brûlures constantes et une hypersensibilité telle que je ne pouvais même plus m'essuyer en sortant de la douche. J'ai été baladée de professionnel en professionnel pendant des semaines avec des mauvais diagnostics de candidose mammaire.
Pendant ce temps, Romy s'épuisait. Les tétées étaient interminables, elle s'endormait au sein. À 1 mois, elle n'avait pris que 340g (une moyenne critique de 15g/jour).
À 3 semaines, face aux douleurs insoutenables et au poids, une consultante en lactation m'a fait introduire le biberon de lait tiré pour sauver le poids de Romy et relancer ma lactation (mes seins étaient mous depuis le début par manque de stimulation efficace). Romy a repris du poids, mais en restant dans le couloir très bas où elle avait dégringolé.
L'IBCLC m'a orientée vers une orthophoniste. Le verdict est tombé : pas de freins restrictifs, mais d'énormes tensions cervicales et maxillaires. Sa langue ne se mettait pas en gouttière, sa prise était superficielle (elle pinçait) et elle ne faisait pas le vide d'air pour extraire le lait.
Nous avons entamé une rééducation. J'ai eu une once d'espoir avec quelques tétées efficaces et sans douleur, mais depuis une semaine, c'est la régression totale. Elle a appris à faire la gouttière, mais sa prise reste désespérément superficielle. Si j'arrive à la mettre profondément, elle glisse ou se recule. Elle tète uniquement pendant le réflexe d'éjection, puis s'endort en quelques minutes.
J'ai absolument TOUT essayé : position Biological Nurturing, peau à peau, bains avec elle... J'ai même tenté le DAL (au sein et au doigt) mais ça a été un échec cuisant, et honnêtement, sur la durée, la logistique DAL/tire-lait aurait été intenable.
Aujourd'hui, Romy a 2 mois. Je tire mon lait et je lui donne au biberon (tétine premier âge, à l'horizontale). Une logistique épuisante. L'orthophoniste m'a prévenue qu'elle passait de la succion réflexe à la succion volontaire, ce qui me terrifie. Je vois le temps passer et je crains que la fenêtre de tir ne se referme.
J'ai lu des témoignages très rassurants sur les forums de mamans qui ont réussi à remettre leur bébé au sein à 3 ou 4 mois. J'ai besoin de savoir si c'est vraiment possible. Est-ce que certaines d'entre vous ont connu cette situation (problèmes de succion, introduction de biberons) et ont réussi à revenir à un allaitement exclusif au sein après 2 mois ?
Moralement, je suis à bout. Ce que je vis est un véritable deuil de l'allaitement tel que je l'avais rêvé. Je me sens nulle. J'ai l'impression que mon corps me lâche sur toute la ligne : je n'ai pas su porter mon bébé jusqu'au bout sereinement, je n'ai pas su accoucher comme je le voulais, et je n'arrive pas à la nourrir directement à mon sein.
Mais je ne veux pas abandonner. Renoncer serait une déchirure trop grande.
Merci de m'avoir lue. Si vous avez des témoignages de réussite tardive ou des conseils pour tenir le coup, je suis preneuse.
Le 16 février dernier, j'ai donné naissance à ma petite Romy (2kg950). Cet accouchement a été précédé d'une grossesse très anxiogène (menace d'accouchement prématuré, alitement, isolement) et s'est terminé dans un véritable traumatisme : un réveil en pleine nuit dans une mare de sang, le Samu, la peur de ne plus sentir mon bébé, et finalement un déclenchement de 17h. J'en ai gardé un stress post-traumatique et un baby-blues.
Pour moi, allaiter Romy (mon 3ème enfant), c'était bien plus qu'une envie. C'était la continuité de ma maternité, un lien salvateur, une réparation après m'être fait voler ma grossesse et mon accouchement.
Mais rien ne s'est passé comme prévu.
À la naissance, le premier peau à peau a été magique. Mais les 3 nuits à la maternité ont été chaotiques : des tétées d'une heure toutes les deux heures. J'étais anémiée par l'hémorragie et épuisée. Ma montée de lait a été très discrète (contrairement à mes aînées où j'avais eu une hyperlactation). Ma sage-femme m'a rassurée à tort, me disant que pour un 3ème bébé, le corps savait faire et passait vite en mode autocrine.
La descente aux enfers physique et la stagnation au poids
Dès le retour à la maison, les douleurs ont commencé : crevasses, puis des ampoules de lait des deux côtés, des brûlures constantes et une hypersensibilité telle que je ne pouvais même plus m'essuyer en sortant de la douche. J'ai été baladée de professionnel en professionnel pendant des semaines avec des mauvais diagnostics de candidose mammaire.
Pendant ce temps, Romy s'épuisait. Les tétées étaient interminables, elle s'endormait au sein. À 1 mois, elle n'avait pris que 340g (une moyenne critique de 15g/jour).
À 3 semaines, face aux douleurs insoutenables et au poids, une consultante en lactation m'a fait introduire le biberon de lait tiré pour sauver le poids de Romy et relancer ma lactation (mes seins étaient mous depuis le début par manque de stimulation efficace). Romy a repris du poids, mais en restant dans le couloir très bas où elle avait dégringolé.
L'IBCLC m'a orientée vers une orthophoniste. Le verdict est tombé : pas de freins restrictifs, mais d'énormes tensions cervicales et maxillaires. Sa langue ne se mettait pas en gouttière, sa prise était superficielle (elle pinçait) et elle ne faisait pas le vide d'air pour extraire le lait.
Nous avons entamé une rééducation. J'ai eu une once d'espoir avec quelques tétées efficaces et sans douleur, mais depuis une semaine, c'est la régression totale. Elle a appris à faire la gouttière, mais sa prise reste désespérément superficielle. Si j'arrive à la mettre profondément, elle glisse ou se recule. Elle tète uniquement pendant le réflexe d'éjection, puis s'endort en quelques minutes.
J'ai absolument TOUT essayé : position Biological Nurturing, peau à peau, bains avec elle... J'ai même tenté le DAL (au sein et au doigt) mais ça a été un échec cuisant, et honnêtement, sur la durée, la logistique DAL/tire-lait aurait été intenable.
Aujourd'hui, Romy a 2 mois. Je tire mon lait et je lui donne au biberon (tétine premier âge, à l'horizontale). Une logistique épuisante. L'orthophoniste m'a prévenue qu'elle passait de la succion réflexe à la succion volontaire, ce qui me terrifie. Je vois le temps passer et je crains que la fenêtre de tir ne se referme.
J'ai lu des témoignages très rassurants sur les forums de mamans qui ont réussi à remettre leur bébé au sein à 3 ou 4 mois. J'ai besoin de savoir si c'est vraiment possible. Est-ce que certaines d'entre vous ont connu cette situation (problèmes de succion, introduction de biberons) et ont réussi à revenir à un allaitement exclusif au sein après 2 mois ?
Moralement, je suis à bout. Ce que je vis est un véritable deuil de l'allaitement tel que je l'avais rêvé. Je me sens nulle. J'ai l'impression que mon corps me lâche sur toute la ligne : je n'ai pas su porter mon bébé jusqu'au bout sereinement, je n'ai pas su accoucher comme je le voulais, et je n'arrive pas à la nourrir directement à mon sein.
Mais je ne veux pas abandonner. Renoncer serait une déchirure trop grande.
Merci de m'avoir lue. Si vous avez des témoignages de réussite tardive ou des conseils pour tenir le coup, je suis preneuse.
pour tout ce chemin particulièrement difficile 