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Coucou, et blabla

Youkali

Colostrum
Salut tout le monde !

Après plusieurs mois à arpenter de jour comme de nuit ce forum et les dossiers de LLL, je me lance à mon tour ! Il y a quelques questions qui me taraudent auxquelles je n'ai pas trouvé de réponse, et qui feront l'objet de discussions.
Mais ici je voulais faire un petit résumé de ma situation et surtout vous remercier toutes <3<3, c'est grâce à vous si j'en suis à quasi 6 mois d'allaitement :pom pom:. Merci pour toutes ces connaissances qui m'ont aidé : la compression, l'hyperalternance, la connaissance des ryrhmes, le dormallaitement...

Je suis donc maman d'une PetitePrune (nous l'appellerons ainsi) née mi décembre 2025.
La grossesse a été plutôt sereine, tous les examens corrects 🍀, je n'ai eu à déplorer que des nausées pour la ratatouille et une envie de terrine de porc...étant normalement quasi végétarienne 😌.

L'accouchement, ce fut une autre paire de manches. J'avais des contractions de plus en plus fréquentes, toutes les 10 puis 8 min. La poche des eaux s'est rompue et... plus rien ou presque : 1 toutes les 20 à 40 min J'ai été hospitalisée pour surveillance, on a tout tenté pour les relancer (tire-lait, acupuncture, HE, ballon...) puisque je voulais un accouchement physio. Je suis allée au max des possibilités (4 jours) avec toujours de contractions improductives toutes les 30 min en moyenne pendant 3 minutes, à me jeter au sol, impossibilité de m'allonger, j'ai pas dormi plus de 20 min/24h pendant 4 jours. Bébé imperturbable par contre ! Bon, ensuite l'enchainement sympa : déclenchement, péri, ventouse (la PetitePrune regardait les étoiles 🤩😏), placenta qui ne vient pas à devoir décoller manuellement, hémorragie à la limite de la transfusion, pas mal de suture...

Bref j'ai abordé l'allaitement, qui me tenais à coeur avec beaucoup de fragilité. La tétée de bienvenue m'a parue longue et inconfortable. Je n'avais qu'une envie : dormir 😅. Manque de pot, j'ai accouché tôt le matin, donc le temps qu'on me remette en chambre, j'ai eu le droit à tout le balais habituel des soignants. Je garde encore un peu de tristesse et de colère sur la prise en charge post-partum à la maternité, qui est pourtant dans une démarche pour l'agrément IHAB. J'ai eu des remarques sur mon corps ("avec des mamelons comme les vôtres (plats) il vous FAUT des bouts de sein", "vos seins tombent, il faut mettre une serviette en dessous", "vous avez accouché il y a 3 jours et votre poitrine devrait être dure comme du bois"), sur mes réactions inadéquates ("vous avez quelque chose contre les biberons ?", "ne serrez pas les dents si vous avez mal, ça va effrayer le bébé"). La PetitePrune était vraiment légère à la naissance à 40 SA : 2.560kg. Aussi on m'a mis beaucoup de pression pour qu'elle n'en perde pas trop, sans bien m'expliquer comment faire. Elle a eu un DAL au sein sur 2-3 tétées par jour avec du LA...alors que j'avais un tire-lait dans la chambre et qu'on aurait pu me suggérer de tirer...
Je n'avais qu'une envie au bout de 10j, rentrer chez moi. J'avais très peur de me retrouver avec mes incertitudes à la maison, mais à la maternité je me sentais paradoxalement hyper seule dans mon allaitement car je me sentais vulnérable et je n'avais plus envie d'entendre les remarques désobligentes des auxilliaires de puériculture. Je suis sortie en me sentant insuffisante : mon corps n'avait pas réussi à accoucher et on m'avait fait comprendre que je devais l'accessoiriser (BDS, serviette) pour réussir à allaiter, l'antithèse de ce que j'imaginais.
J'ai eu mes visites de la SF libérale à la maison, et la reprise de poids était tellement bien que je n'ai jamais besoin d'utiliser le DAL que j'avais acheté en sortie de mater. Les bouts de seins ont été abandonnés aussi avant ma sortie (une des AP s'agaçait dessus pour placer la sonde du DAL, seul point positif de sa.mauvaise humeur).

Sur la suite j'ai eu des difficultés notament:
- RGO suspecté dès 7 jours, bébé impossible à poser sur le dos, hurlements ++.
- pas de rdv des 15 jours à cause des fêtes, PMI fermée...gros stress sur le poids.
- G@viscon qui a pu être donné 15j puis trop de reflexe d'extrusion. Gestion par la suite avec portage, change de couche adapté...et patience.
- douleur des mamelons avec vasospasme pendant bien 2 mois. Le premier mois j'ai serré les dents à chaque tétée. Tout est rentré dans l'ordre.
- Bébé qui dort peu, surtout en journée, même si il y a eu de grosses améliorations là dessus. Surdodo pendant bien 2 mois, co-sleeping par défaut ensuite, le lit cododo collé au lit étant tout de même trop loin pour la PetitePrune 🤪.
- tétées groupées pendant 3 à 5 h tous les soirs pendant plus de 3 mois, et parfois en journée aussi.

Maintenant mon bébé à 5 mois 1/2 et je mesure le chemin parcouru. Grâce en grande partie au forum. Plus de douleurs, des nuits qui s'allongent doucement, et je peux la poser sur le dos 30 min d'affilée 🎆.

Alors pour conclure ce long pavé, merci à toutes les forumeuses, et aux autres je dirais : renseignez vous bien en amont sur l'allaitement, on ne sera pas toujours autant guidé que ce qu'on espère.
 
Dernière édition:

Astraz

Fontaine de lait
Adhérent(e) LLLF
Les réflexions que tu as eues à la mater sont à peine croyables ! Comme ça a dû être dur à subir ! :calin:
Bravo pour ton parcours tu es une super warrior 🦸‍♀️
Et bienvenue à toi et ta Petite prune :joie:
 

Trésor

Hyperlactation
Adhérent(e) LLLF
Bienvenue à toi et félicitations pour ton parcours semé d'embûches mais dont tu sembles aujourd'hui victorieuse et un peu plus reposée ! :pom pom:
 

bloom

Fontaine de lait
Bonjour @Youkali et bienvenue!!!

sacré parcours ! Tu es devenue experte dans bien des domaines malgré toi !!

c est souvent que je lis que l allaitement à du mal à prendre tant que les dyades maman-bébé sont à la maternité. Et qu il décolle à la maison. En te lisant, je me demandais si ça allait être le cas et bingo. Ça a été mon cas aussi pour ma deuxième mais je suis sortie au bout de 24h (ouf).

Ça me fait parfois cogiter de penser à ces couples qui n arrivent pas à passer la barrière de la reprise de poids pour pouvoir rentrer chez eux alors qu ils en ont envie.

merci pour ce beau témoignage en tous cas et à bientôt sur les autres sujets ! Avec tout ce que tu as dépassé , tu as de quoi aider plein de mamans :).
 

Youkali

Colostrum
🤗 Merci pour vos messages !

Je ne pense pas être spécialement une warrior, ou pas plus que toutes les mamans, allaitantes ou non. A part les mères solo, alors là chapeau bas mesdames, je me le dis régulièrement ! Mais globalement en France, même si l'intention est de favoriser l'allaitement, ou du moins le choix, les conditions matérielles rendent la chose complexe : congé maternité court, personnel médical en sous effectif et pas forcément bien formé, familles éclatées donc peu de relai, pas de modèle de femmes allaitantes dans l'entourage ni de mères tout court...
Ce qui m'a fait persisté dans l'allaitement au sein...c'est en grande partie la flemme immense de faire des biberons ! Tirer + laver le tire-lait (je ne connaissais pas l'astuce du sac congélateur pour 24h) ou gérer la poudre de lait, stockage, péremption, transport, mélange... à toute heure du jour et de la nuit...j'en étais fatiguée rien que d'y penser 😫

Heureusement dans tout ce début d'aventure j'ai eu l'aide de mon copain, qui n'a jamais remis en cause l'allaitement, et m'a soutenu dans ce que je voulais mettre en place. Il a assuré (et assure encore en grande partie) l'intendance de la maison. J'ai pu profiter aussi de ne pas avoir à reprendre le travail aux 2 mois 1/2 de ma fille.

Si j'ai décrit autant mon parcours, c'est que paradoxalement, cela m'a aidé de lire que d'autres mamans galèrent. Sinon, entre les shorts vidéos et les photos insta, en comparaison on se sent très vite nulle (++ avec la chute hormonale).
Une fois, ailleurs j'ai lu une maman ailleurs qui avait l'impression d'être "prisonnière". Ce mot m'a fait tilt, c'est exactement ce que je vivais, et étrangement je me suis sentie plus légère immédiatement ! Quand ma fille était très petite, avant son premier sourire, j'avais des envie d'encastrer les gens dans les murs quand ils me disaient "Profite ça passe tellement vite !" parce que je vivais le RGO, les douleurs aux seins et les privations de sommeil comme de la torture. Donc difficile de profiter quoi ! Et puis à force de lire, avec le temps qui passe, j'ai appris à accepter de ne "rien" faire de mes journées, de devoir procrastiner pendant 2 semaines l'envoi de ce papier si important. Faire grossir un bébé, le cajoler, tenter de répondre à ses pleurs, c'est énorme !

Le portage a beaucoup aidé. Le peau à peau fut essentiel (et très difficile à faire à la maternité malgré toutes les affiches dans la chambre). On en parle beaucoup pour le bébé et pour favoriser la lactation, mais je pense que ça m'a aidé à stabiliser aussi mes émotions. Et puis avoir des RDV médicaux régulièrement ! Appels à la PMI même pour échanger 15min, médecin, sage-femme, rééducation du périnée...c'était essentiel de pouvoir échanger avec un humain extérieur qui s'inquiète de mon état. Ça permet aussi d'avoir des objectifs genre "je tiens jusqu'à la prochaine pesée dans 3 jours / je fais comme ça et j'en parle à la SF dans 4 jours..." et mine de rien les semaines passent et les choses trouvent leur place. Et puis l'humour aussi, pouvoir rigoler de la situation avec le papa. En même temps j'aurais pas tenu 10j de plateau repas hospitalier sans humour 😜. J'avais également les numéros d'urgence à contacter en cas de difficulté psy sous le coude en cas de besoin, et j'ai fait des test d’Édimbourg en ligne pour la dépression du post-partum plusieurs fois, pour être sure.

Tout n'est pas parfait, loin de là, chaque journée apporte encore ses difficultés. Je reste un peu stressée sur son poids, alors qu'elle a franchi 2-3 couloirs au dessus sur la courbe OMS. J'ai eu des AP pour m'aider à allaiter à la mater pas très aidantes justement, surtout les moins jeunes (les SF au top par contre). Je sais qu'elles étaient débordées (15 accouchements en 2 jours, alors que leur moyenne est à 3/j), mais si j'avais été mieux préparée, j'aurais été moins affectée par leurs remarques. Il me parait essentiel de former les futures mamans à ce qu'elle vont vivre en allaitant, un peu plus longuement qu'1h en cours de prépa à la naissance. Surtout que cela démarre sur les chapeaux de roue ! Avoir 2-3 notions sur l'existence des compléments, sous quelle forme, ne pas regarder sa montre quand on allaite...

Avec tout ce que tu as dépassé , tu as de quoi aider plein de mamans :)

Je vais essayer 😁
 

Sekhmet

Modératrice
Adhérent(e) LLLF
J'adore ton témoignage ! :pom pom:
Je ne pense pas être spécialement une warrior, ou pas plus que toutes les mamans, allaitantes ou non
Ben les mamans sont des warriors. Toi y compris. :pom pom: Qui tient l'humanité dans ses bras et à bout de bras, hein ?
Mais globalement en France, même si l'intention est de favoriser l'allaitement, ou du moins le choix, les conditions matérielles rendent la chose complexe : congé maternité court, personnel médical en sous effectif et pas forcément bien formé, familles éclatées donc peu de relai, pas de modèle de femmes allaitantes dans l'entourage ni de mères tout court...
Complètement d'accord avec toi. L'entourage sera très variable : chez moi ça allait j'ai eu la chance d'être bien entourée, mais pour une maman en galère sans soutien, argh !
Si j'ai décrit autant mon parcours, c'est que paradoxalement, cela m'a aidé de lire que d'autres mamans galèrent. Sinon, entre les shorts vidéos et les photos insta, en comparaison on se sent très vite nulle (++ avec la chute hormonale).
Mais ouiii ! Je trouve qu'on les "cache" un peu trop souvent, plus précisément on en entend parler qu'une fois qu'on a accouché alors que je pense que ça serait bien que ça devienne un sujet moins "chelou/privé". Sans être un tabou ça a l'air d'être un truc dont on ne parle qu'en privé. Or si les ados savaient dès le début que c'est "normal", si en tant que jeune adulte on savait, sans en faire des caisses, le jour où on a un bébé on serait moins déroutée. Et les copains qui n'ont pas d'enfant ne seraient pas en mode "quoi ça va pas ? o_O", ils sauraient à quoi s'attendre.
Si dans la culture "classique" non destinée aux parents on pouvait mettre ça en scène, de manière "casual", humoristique, comme quelque chose de normal ça serait un énorme plus !
 
Dernière édition:

Poussindemars

Hyperlactation
Adhérent(e) LLLF
Bonsoir @Youkali,

Bravo pour cet allaitement à travers les difficultés! :joie:💪

Ton histoire me parle, elle ressemble à la mienne sur beaucoup de points: j'ai eu un accouchement très long, 48h de déclenchement + 24h en salle d'accouchement, un début d'allaitement compliqué avec crevasses et mauvaise prise de sein, reprise de poids longue pour bébé avec compléments de LA, et puis le RGO à partir de ses 3 semaines de vie (je me demande de plus en plus si les accouchements longs ne favorisent pas la survenue de RGO)

Quand ma fille était très petite, avant son premier sourire, j'avais des envie d'encastrer les gens dans les murs quand ils me disaient "Profite ça passe tellement vite !" parce que je vivais le RGO, les douleurs aux seins et les privations de sommeil comme de la torture
C'est totalement ça, on est au fond du trou, épuisées, et les gens nous disent de profiter... :zen:

Appels à la PMI même pour échanger 15min, médecin, sage-femme, rééducation du périnée...c'était essentiel de pouvoir échanger avec un humain extérieur qui s'inquiète de mon état. Ça permet aussi d'avoir des objectifs genre "je tiens jusqu'à la prochaine pesée dans 3 jours / je fais comme ça et j'en parle à la SF dans 4 jours..."
Les rdv extérieurs sont essentiels pour rompre l'isolement, et avoir quelqu'un qui reconnaît la difficulté que cela représente ça fait du bien au moral. Je me souviens qu'à chaque rdv sage-femme je pleurais, je lâchais la pression et la fatigue de m'occuper de ce petit bébé imposable.

Tout n'est pas parfait, loin de là, chaque journée apporte encore ses difficultés.
Comment ça va au niveau de ton sommeil?
 
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