Géseb
Hyperlactation
Alors voilà... Il nous est arrivé une mésaventure que j'ai besoin de raconter. Il m'en reste des souvenirs et des impressions dont je dois me défaire. Je ne sais pas où déposer ce qui me pèse, je viens ici.
Tout à commencé dimanche matin, mon bébé est un peu fiévreux. Il demande à têter une heure après son lever et se rendort. On devait aller chez mon père et cette sieste du matin me paraît suspecte, j'appelle pour annuler. En fait on a pensé covid, puisque un petit était positif chez nounou. La fièvre va et vient toute la journée, le soir on décide que papa ira tester et maman travailler.
Il nous reste des auto tests du protocole suivi par sa sœur (merci Mr le ministre). Négatives toutes les deux, direction l'école et le travail.
La fièvre ne baisse plus du tout par contre. À midi, je préviens le chef que je risque fort de ne pas venir travailler mardi (il le prend ni bien ni mal mais moi j'ai culpabilisé un peu).
Je garde bébé près de moi mardi, toujours beaucoup de fièvre, j'achète un thermomètre. Oui, je sais que je brûlerai en enfer pour ça. Il a 39.5 malgré du doli toutes les 6h. Je décide que je dois lui faire voir un pédiatre et pas mon généraliste. Elle me donne rdv pour 15h.
Et c'est au réveil de la sieste que je commence à prendre peur. Sérieusement.
Au réveil, je le trouve allongé de tout son long. D'habitude, il est debout, a balancé ses peluches par dessus bord, il s'accroupi et se redresse, tourne autour de son lit, rit... Rien de tout ça. Je le prends aux bras et il est "mou", il ne se tient pas. Sur la table à langer, quand j'essaye de le faire tenir debout il a les jambes molles, il pleure, je panique. Je change sa couche et je vois une éruption cutanée sur le ventre, ses cuisses sont rouges et très chaudes.
La pédiatre m'explique que le covid se manifeste comme ça chez les touts petits. Quid de la mobilité ?! Elle me dit qu'il est faible parce qu'il est à jeun. C'est vrai qu'il a sauté le repas du soir et du midi mais il tète beaucoup. Elle me répond que mon lait ne suffit pas et nous oriente vers les urgences pediatriques d'A,les plus proches.
Il est 15h30, la petite sort de l'école dans une heure. J'appelle ma mère pour qu'elle aille la chercher. Je lui explique ce qu'il se passe, lui demande de s'en tenir aux faits pour ma fille. On fera un point vers 17h. Dans la voiture, on discute avec le papa et on se dit que notre bébé a mal mais que la pédiatre ne nous a pas écoutés.
On est pris en charge à l'hôpital, on raconte encore, un 2ème test (pcr cette fois, les salivaires sont pas fiables bla bla). En attendant les résultats, on lui pose un cathéter sur la main, bilan sanguin. On lui place un dispositif pour récupérer ses urines. On attend les résultats. J'appelle ma fille, je lui explique qu'elle va rester dormir chez sa mamie, je lui dit que les médecins cherchent la maladie de son frère et lui explique le zizi dans un sac plastique, on rigole toutes les deux, ça fait du bien.
Bilan : pcr négatif, leucocytes multipliés par 2, cetone dans les urines. Il est 22h, bébé a donc sauté son goûter et son repas, on nous demande si on a un repas pour lui. Bah non, on est arrivés en urgence. On nous dit qu'il faut qu'il mange... On nous apporte un jus de pomme...
On nous renvoie chez nous, sans consignes particulières, juste rester en observation et revenir le lendemain. Encore une fois, et il ne marche pas, on ne peut plus le porter normalement, c'est pas normal ça ! Oui oui, il est faible, ça va revenir demain vous verrez. Ok.
Mercredi, toujours pas de marche mais bébé a retrouvé le sourire et l'appétit, la fièvre va et vient. On retourne à l'hôpital.
Le cathéter ne marche pas, il faut en poser un autre (on ne le sait pas encore, mais on lui en posera encore 5 ou 6, toujours dans la douleur, avec des infirmières plus ou moins attentives. Et ce sera toujours à nous de le maintenir et d'expliquer que non, c'est vrai qu'il n'est "pas patient celui-là" désolés)
On rencontre un autre pédiatre de garde. Vraiment bienveillant. Il nous écoute attentivement. Il annonce "on va réévaluer ensemble le seuil de la douleur de votre bébé parce que je lis que les infirmières ont noté 0 sur 15. Et pour moi, un petit qui s'arrête de marcher est déjà à 5". Il me demande de lui dire l'âge de la marche avec appui, sans appui, il me demande si bébé pleure. Je lui réponds, il se met en colère et sort du box en claquant la porte !
Il revient et nous annonce que pour lui, c'est une infection des os mais qu'il ne peut pas faire les examens nécessaires ici, on doit partir pour d'autres urgences pediatriques à l'hôpital de la T. Il est 18h.
On est pris en charge vers 19h, et on restera dans un couloir assis sur des chaises en fer jusqu'à 3h30. Pendant tout ce temps, je suis seule avec mon bébé, que je ne peux pas poser dans sa poussette, la position lui fait mal, je dois le porter ventre contre ventre inclinée en arrière. On lui pose encore un cathéter, encore un bilan sanguin, une radio et une echographie du bassin, des genoux. Mon bébé est très fatigué, on ne peut pas me faire réchauffer son plat, il mange donc un yaourt et une compote. C'est la galère dans ce p*tin de couloir bondé, rempli de petits qui pleurent... J'arrive à le faire têter et somnoler au sein mais il faut le réveiller pour les examens qu'on lui fait faire avec plusieurs heures d'intervalle. À un moment, la couche est pleine, je demande à ce que mon compagnon me rejoigne avec le nécessaire. On me répond qu'il doit sortir après. Il me rejoint, je lui raconte, son cœur se serre quand il voit dans quel état on est. Le petit tète et mon homme l'endort dans ses bras. Au moins, on est ensemble.
À ce stade, on sait que c'est une osteomyelite, qu'on va devoir passer plusieurs jours à l'hôpital. Selon l'ampleur de l'infection il faudra peut-être une anesthésie générale pour ponctionner le pus dans les articulations. Une scintigraphie dans les prochains jours nous en dira plus.
Ok, il est 3h du matin, on attend de monter en chambre.
A 3h30, on est dans la chambre, il y a un lit de camp cassé pour moi, un lit en fer pour le petit. On balance ses affaires dedans. Les infirmières lui branchent la 1ère perfusion d'antibiotiques. On m'explique que ça dure une heure, quand la machine sonne, je dois les appeler. On s'endort tous les deux. Je n'entends pas vraiment les infirmières qui viennent débrancher la perf.
8h du matin, tout le monde débarque dans la chambre, nous ouvre le store, des médecins me parlent alors que je ne suis pas sortie du lit, je comprends pas grand chose
. On me prend mon bébé des bras, on me demande pourquoi il est pas dans le lit cage, on veut lui brancher une perf là tout de suite sans ménagement, j'hallucine. Le petit hurle à plein poumons mais ça ne dérange personne sauf moi, le type continue à me parler comme si de rien. Là je me ressaisis... Stop. Donnez moi le petit, je le mets au sein. J'explique qu'on est arrivés dans la chambre un peu avant 4h du matin, on a pas mangé, peu dormi, faut recommencer à m'expliquer dans le calme. Et c'est là qu'on m'explique le coup des perfusions (1 le matin, 1 à 23h et 1 à 5h, pendant une heure à chaque fois, pendant 3 ou 4 jours), la scintigraphie le lendemain matin.
Un 1er réveil à l'hôpital assez brutal, c'est le moins que je puisse dire. Tout ce beau monde tourne les talons, sans égards pour moi, je suis transpirante, il doit faire 30 degrés dans la chambre, je n'ai pas de vêtements de rechange, j'ai gardé mon petit sur moi sans coussins, avec un pauvre drap unique que j'ai choisi de mettre en guise de drap housse parce que m'allonger directement sur un matelas en plastique hein... Des aides soignantes plus humaines me demandent si on veut un truc à manger. Oui volontiers. Un verre en carton d'eau tiède et un sachet de café en poudre, un petit pain et un carré de beurre pour mon petit. Ça va un peu mieux... Mon homme nous rejoint avec pas mal de choses de la maison... La chambre ressemble à un camp de gitans, mais au moins, j'ai un oreiller, une brosse à dents, le petit a des vêtements propres... On me dira souvent "mais vous savez que vous avez un placard là, faut juste que vous mettiez le lit ailleurs" oui, j'ai vu mais moi je dors avec mon petit donc j'ai besoin que le lit soit contre l'armoire. Des manouches, je vous dis...
Les perf s'enchaînent, on fait en sorte de ne pas nous réveiller la nuit, j'émerge juste pour appeler les infirmières quand c'est fini. D'ailleurs elles sont trop fortes, réussir à brancher le tuyau sans réveiller ni maman ni bébé, bravo !
Un moment très difficile : le 3ème ou 4ème cathéter, je ne sais plus, est encore hs (d'ailleurs, pourquoi on s'est obstiné à les mettre sur la main, c'est super douloureux et pas vraiment pratique). 2 infirmières, plusieurs tentatives infructueuses, mon petit balance un coup de pied dans le sternum de la dame (il est sur moi, je dois le maintenir c'est très difficile dans tous les sens du terme). Elles décident de lui faire inhaler du gaz hilarant avec un gros masque. Ça ne fonctionne pas, mon petit bouge beaucoup trop pour garder le masque, il hurle et pleure c'est trop difficile pour moi, je demande qu'on arrête les frais. J'oublierais jamais l'expression de son visage. Bref. Elles décident de lui mettre sur le pied. Ça sera celui qu'il gardera le plus longtemps.
Le moment de la scintigraphie :cauchemardesque. Elles ont attaché les mains et les pieds, puis elles l'ont emmailloté puis elles l'ont bloqué avec des scratchs géants, des orteils au cou. Pendant 15 minutes. Et il faut recommencer 2 heures après. Ses hurlements, l'expression de son visage... Ça ne fait pas mal, il faut juste rester parfaitement immobile sous la grosse machine, donc il faut momifier les bébés. C'est le souvenir le plus douloureux pour moi. C'est celui qui revient la nuit.
Encore des perf, entre je descend boire du café à la machine, on prend le soleil sur le parking, quelques siestes aussi... Et dans la nuit de vendredi à samedi, l'infirmière me réveille pour me dire que le cathéter est hs. Il est 23h30, on dort depuis plusieurs heures, il faut piquer encore mais elle va demander à l'interne de service. Elle part un moment mais du coup j'appréhende beaucoup et je ne peux pas dormir. Elle revient et m'annonce que c'était les 2 dernières perf, qu'on serait passés par la voie orale le lendemain matin. Donc inutile de piquer ! Une petite seringue que je fais avaler dans un demi sommeil à mon petit, une tétée pour faire passer le mauvais goût... On sortira samedi soir, après quelques prises par voie orale !! Soulagement. Pour tout le monde.
Retour à la maison, douceur, pâtes au beurre, pyjama tout le dimanche...
Lundi matin je vais chez mon médecin pour un arrêt de travail, on a pas pu m'en faire un à l'hôpital un samedi.
On s'en tire avec 4 jours d'hôpital, 3 semaines d'antibiotiques, un bilan sanguin et une radio à la fin de la période... Et le covid... Isolement jusqu'à mercredi pour toute la famille...
J'ai écrit un pavé décousu mais au moins je l'ai posé quelque part, pour que ça s'estompe...
Tout à commencé dimanche matin, mon bébé est un peu fiévreux. Il demande à têter une heure après son lever et se rendort. On devait aller chez mon père et cette sieste du matin me paraît suspecte, j'appelle pour annuler. En fait on a pensé covid, puisque un petit était positif chez nounou. La fièvre va et vient toute la journée, le soir on décide que papa ira tester et maman travailler.
Il nous reste des auto tests du protocole suivi par sa sœur (merci Mr le ministre). Négatives toutes les deux, direction l'école et le travail.
La fièvre ne baisse plus du tout par contre. À midi, je préviens le chef que je risque fort de ne pas venir travailler mardi (il le prend ni bien ni mal mais moi j'ai culpabilisé un peu).
Je garde bébé près de moi mardi, toujours beaucoup de fièvre, j'achète un thermomètre. Oui, je sais que je brûlerai en enfer pour ça. Il a 39.5 malgré du doli toutes les 6h. Je décide que je dois lui faire voir un pédiatre et pas mon généraliste. Elle me donne rdv pour 15h.
Et c'est au réveil de la sieste que je commence à prendre peur. Sérieusement.
Au réveil, je le trouve allongé de tout son long. D'habitude, il est debout, a balancé ses peluches par dessus bord, il s'accroupi et se redresse, tourne autour de son lit, rit... Rien de tout ça. Je le prends aux bras et il est "mou", il ne se tient pas. Sur la table à langer, quand j'essaye de le faire tenir debout il a les jambes molles, il pleure, je panique. Je change sa couche et je vois une éruption cutanée sur le ventre, ses cuisses sont rouges et très chaudes.
La pédiatre m'explique que le covid se manifeste comme ça chez les touts petits. Quid de la mobilité ?! Elle me dit qu'il est faible parce qu'il est à jeun. C'est vrai qu'il a sauté le repas du soir et du midi mais il tète beaucoup. Elle me répond que mon lait ne suffit pas et nous oriente vers les urgences pediatriques d'A,les plus proches.
Il est 15h30, la petite sort de l'école dans une heure. J'appelle ma mère pour qu'elle aille la chercher. Je lui explique ce qu'il se passe, lui demande de s'en tenir aux faits pour ma fille. On fera un point vers 17h. Dans la voiture, on discute avec le papa et on se dit que notre bébé a mal mais que la pédiatre ne nous a pas écoutés.
On est pris en charge à l'hôpital, on raconte encore, un 2ème test (pcr cette fois, les salivaires sont pas fiables bla bla). En attendant les résultats, on lui pose un cathéter sur la main, bilan sanguin. On lui place un dispositif pour récupérer ses urines. On attend les résultats. J'appelle ma fille, je lui explique qu'elle va rester dormir chez sa mamie, je lui dit que les médecins cherchent la maladie de son frère et lui explique le zizi dans un sac plastique, on rigole toutes les deux, ça fait du bien.
Bilan : pcr négatif, leucocytes multipliés par 2, cetone dans les urines. Il est 22h, bébé a donc sauté son goûter et son repas, on nous demande si on a un repas pour lui. Bah non, on est arrivés en urgence. On nous dit qu'il faut qu'il mange... On nous apporte un jus de pomme...
On nous renvoie chez nous, sans consignes particulières, juste rester en observation et revenir le lendemain. Encore une fois, et il ne marche pas, on ne peut plus le porter normalement, c'est pas normal ça ! Oui oui, il est faible, ça va revenir demain vous verrez. Ok.
Mercredi, toujours pas de marche mais bébé a retrouvé le sourire et l'appétit, la fièvre va et vient. On retourne à l'hôpital.
Le cathéter ne marche pas, il faut en poser un autre (on ne le sait pas encore, mais on lui en posera encore 5 ou 6, toujours dans la douleur, avec des infirmières plus ou moins attentives. Et ce sera toujours à nous de le maintenir et d'expliquer que non, c'est vrai qu'il n'est "pas patient celui-là" désolés)
On rencontre un autre pédiatre de garde. Vraiment bienveillant. Il nous écoute attentivement. Il annonce "on va réévaluer ensemble le seuil de la douleur de votre bébé parce que je lis que les infirmières ont noté 0 sur 15. Et pour moi, un petit qui s'arrête de marcher est déjà à 5". Il me demande de lui dire l'âge de la marche avec appui, sans appui, il me demande si bébé pleure. Je lui réponds, il se met en colère et sort du box en claquant la porte !
Il revient et nous annonce que pour lui, c'est une infection des os mais qu'il ne peut pas faire les examens nécessaires ici, on doit partir pour d'autres urgences pediatriques à l'hôpital de la T. Il est 18h.
On est pris en charge vers 19h, et on restera dans un couloir assis sur des chaises en fer jusqu'à 3h30. Pendant tout ce temps, je suis seule avec mon bébé, que je ne peux pas poser dans sa poussette, la position lui fait mal, je dois le porter ventre contre ventre inclinée en arrière. On lui pose encore un cathéter, encore un bilan sanguin, une radio et une echographie du bassin, des genoux. Mon bébé est très fatigué, on ne peut pas me faire réchauffer son plat, il mange donc un yaourt et une compote. C'est la galère dans ce p*tin de couloir bondé, rempli de petits qui pleurent... J'arrive à le faire têter et somnoler au sein mais il faut le réveiller pour les examens qu'on lui fait faire avec plusieurs heures d'intervalle. À un moment, la couche est pleine, je demande à ce que mon compagnon me rejoigne avec le nécessaire. On me répond qu'il doit sortir après. Il me rejoint, je lui raconte, son cœur se serre quand il voit dans quel état on est. Le petit tète et mon homme l'endort dans ses bras. Au moins, on est ensemble.
À ce stade, on sait que c'est une osteomyelite, qu'on va devoir passer plusieurs jours à l'hôpital. Selon l'ampleur de l'infection il faudra peut-être une anesthésie générale pour ponctionner le pus dans les articulations. Une scintigraphie dans les prochains jours nous en dira plus.
Ok, il est 3h du matin, on attend de monter en chambre.
A 3h30, on est dans la chambre, il y a un lit de camp cassé pour moi, un lit en fer pour le petit. On balance ses affaires dedans. Les infirmières lui branchent la 1ère perfusion d'antibiotiques. On m'explique que ça dure une heure, quand la machine sonne, je dois les appeler. On s'endort tous les deux. Je n'entends pas vraiment les infirmières qui viennent débrancher la perf.
8h du matin, tout le monde débarque dans la chambre, nous ouvre le store, des médecins me parlent alors que je ne suis pas sortie du lit, je comprends pas grand chose

Un 1er réveil à l'hôpital assez brutal, c'est le moins que je puisse dire. Tout ce beau monde tourne les talons, sans égards pour moi, je suis transpirante, il doit faire 30 degrés dans la chambre, je n'ai pas de vêtements de rechange, j'ai gardé mon petit sur moi sans coussins, avec un pauvre drap unique que j'ai choisi de mettre en guise de drap housse parce que m'allonger directement sur un matelas en plastique hein... Des aides soignantes plus humaines me demandent si on veut un truc à manger. Oui volontiers. Un verre en carton d'eau tiède et un sachet de café en poudre, un petit pain et un carré de beurre pour mon petit. Ça va un peu mieux... Mon homme nous rejoint avec pas mal de choses de la maison... La chambre ressemble à un camp de gitans, mais au moins, j'ai un oreiller, une brosse à dents, le petit a des vêtements propres... On me dira souvent "mais vous savez que vous avez un placard là, faut juste que vous mettiez le lit ailleurs" oui, j'ai vu mais moi je dors avec mon petit donc j'ai besoin que le lit soit contre l'armoire. Des manouches, je vous dis...
Les perf s'enchaînent, on fait en sorte de ne pas nous réveiller la nuit, j'émerge juste pour appeler les infirmières quand c'est fini. D'ailleurs elles sont trop fortes, réussir à brancher le tuyau sans réveiller ni maman ni bébé, bravo !
Un moment très difficile : le 3ème ou 4ème cathéter, je ne sais plus, est encore hs (d'ailleurs, pourquoi on s'est obstiné à les mettre sur la main, c'est super douloureux et pas vraiment pratique). 2 infirmières, plusieurs tentatives infructueuses, mon petit balance un coup de pied dans le sternum de la dame (il est sur moi, je dois le maintenir c'est très difficile dans tous les sens du terme). Elles décident de lui faire inhaler du gaz hilarant avec un gros masque. Ça ne fonctionne pas, mon petit bouge beaucoup trop pour garder le masque, il hurle et pleure c'est trop difficile pour moi, je demande qu'on arrête les frais. J'oublierais jamais l'expression de son visage. Bref. Elles décident de lui mettre sur le pied. Ça sera celui qu'il gardera le plus longtemps.
Le moment de la scintigraphie :cauchemardesque. Elles ont attaché les mains et les pieds, puis elles l'ont emmailloté puis elles l'ont bloqué avec des scratchs géants, des orteils au cou. Pendant 15 minutes. Et il faut recommencer 2 heures après. Ses hurlements, l'expression de son visage... Ça ne fait pas mal, il faut juste rester parfaitement immobile sous la grosse machine, donc il faut momifier les bébés. C'est le souvenir le plus douloureux pour moi. C'est celui qui revient la nuit.
Encore des perf, entre je descend boire du café à la machine, on prend le soleil sur le parking, quelques siestes aussi... Et dans la nuit de vendredi à samedi, l'infirmière me réveille pour me dire que le cathéter est hs. Il est 23h30, on dort depuis plusieurs heures, il faut piquer encore mais elle va demander à l'interne de service. Elle part un moment mais du coup j'appréhende beaucoup et je ne peux pas dormir. Elle revient et m'annonce que c'était les 2 dernières perf, qu'on serait passés par la voie orale le lendemain matin. Donc inutile de piquer ! Une petite seringue que je fais avaler dans un demi sommeil à mon petit, une tétée pour faire passer le mauvais goût... On sortira samedi soir, après quelques prises par voie orale !! Soulagement. Pour tout le monde.
Retour à la maison, douceur, pâtes au beurre, pyjama tout le dimanche...
Lundi matin je vais chez mon médecin pour un arrêt de travail, on a pas pu m'en faire un à l'hôpital un samedi.
On s'en tire avec 4 jours d'hôpital, 3 semaines d'antibiotiques, un bilan sanguin et une radio à la fin de la période... Et le covid... Isolement jusqu'à mercredi pour toute la famille...
J'ai écrit un pavé décousu mais au moins je l'ai posé quelque part, pour que ça s'estompe...